L’autarcie est dans le pré avec Antoine Gérin-Lajoie

Marie-Andrée Lamontagne - Le Devoir - 24/02
Déjà, au milieu du XIXe siècle, l’homme de lettres offrait un manuel pour apprendre à vivre indépendant.

Une fois par mois, sous la plume d’écrivains du Québec, Le Devoir de littérature propose de revisiter à la lumière de l’actualité des oeuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec en collaboration avec Le Devoir.

Cultiver son potager ; avoir un poulailler ; se nourrir de légumes frais tout juste sortis de terre ; d’oeufs encore tout chauds, ramassés sous le cul des poules ; faire son pain ; coudre et repriser ses vêtements ; tricoter. Qui n’a pas rêvé, au moins un instant, de vivre en autarcie ? Qui ne voudrait pas tourner le dos à la société de consommation, à ses voitures qui polluent, à ses monstrueux centres commerciaux, à son mode de vie effréné, à l’insatisfaction et au sentiment de vide qui vont souvent de pair ? Toutes ces idées, aujourd’hui dans l’air du temps, un homme de lettres les ruminait déjà au milieu du XIXe siècle : Antoine Gérin-Lajoie. 

La plupart des gens l’ignorent en fredonnant la fameuse complainte Un Canadien errant, mais c’est lui qui en a écrit les paroles. En 1842, un garçon de 18 ans, alors en classe de rhétorique au séminaire de Nicolet, chante ainsi, de manière poignante, la douleur d’un patriote déporté en Australie après la répression des Troubles de 1837-1838. Cependant, Antoine Gérin-Lajoie est aussi l’auteur de Jean Rivard, le défricheur (1862) et d...
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