Rajan Menon : « Poutine a perdu l’Ukraine »

MSN - 22/02
Forum d'études ukrainiennes, une publication de recherche destinée aux experts, praticiens et universitaires pour discuter, explorer, réfléchir, développer et transformer la compréhension internationale des affaires contemporaines en Ukraine. Cette plateforme est gérée par l'Institut canadien d'études ukrainiennes (CIUS) de l'Université de l'Alberta (Edmonton, Canada). Rajan Menon...

Note de l'éditeur : The Kyiv Independent republie en exclusivité une interview de Rajan Menon préparée par Forum for Ukraine Studies, une publication de recherche destinée aux experts, praticiens et universitaires pour discuter, explorer, réfléchir, développer et transformer la compréhension internationale des affaires contemporaines. en Ukraine. Cette plateforme est gérée par l'Institut canadien d'études ukrainiennes (CIUS) de l'Université de l'Alberta (Edmonton, Canada).

Rajan Menon est titulaire de la chaire émérite Anne et Bernard Spitzer en sciences politiques au City College de New York. Il est chercheur principal à l’Institut Arnold A. Saltzman d’études sur la guerre et la paix de l’Université de Columbia.

CIUS : Ce mois de février marque le dixième anniversaire du début de la guerre russo-ukrainienne et deux ans du début de sa phase à grande échelle. Cette guerre vous a-t-elle amené à reconsidérer fondamentalement des notions ou des cadres théoriques ?

Rajan Menon : J’ai longtemps cru que les États-Unis étaient peu disposés à permettre à une quelconque puissance extérieure de s’établir dans notre hémisphère – l’hémisphère occidental – depuis presque la fondation du pays. Mais la Russie a une certaine vision propriétaire des anciens États soviétiques, notamment de l’Ukraine. Je pense que pour des raisons historiques, stratégiques et culturelles, il est très difficile pour les nationalistes russes – et Poutine en fait partie – de concevoir l’Ukraine comme un pays indépendant. Je n’ai donc jamais douté de la volonté de la Russie de maintenir l’Ukraine dans sa sphère.

En 2008, lorsque l’OTAN a ouvert en principe la porte à l’adh...
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