Les tiers espagnols et la raison de leur efficacité en guerre

MSN - 22/02
René Quatrefages, spécialiste des XVIe et XVIIe siècles, définit les tiers comme un groupe lié par une série de lignes de force : la permanence, un idéal commun, l'homogénéité ethnique et religieuse et l'obéissance à un pouvoir politique unique. « La qualité du troisième – écrit l’historien français – valait son prix au sens le plus large. Quand l'Espagne ne...

René Quatrefages, spécialiste des XVIe et XVIIe siècles, définit les tiers comme un groupe lié par une série de lignes de force : la permanence, un idéal commun, l'homogénéité ethnique et religieuse et l'obéissance à un pouvoir politique unique. « La qualité du troisième – écrit l’historien français – valait son prix au sens le plus large. Lorsque l’Espagne ne pourra plus ou ne voudra pas le payer, le déclin viendra, activé par des facteurs récurrents, dont le plus important est l’indiscipline.»

La cohésion du tiers n'est pas seulement le résultat d'un entraînement sévère et de la soumission aux règles, mais aussi du sentiment partagé de la notion d'honneur, tant au niveau des relations avec les commandants que lors des combats. Sur ce sentiment s'établissent une confiance mutuelle et une fraternité qui font du troisième une grande famille.

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La longue série de victoires dans des batailles décisives, comme celles de Mühlberg, San Quentin, Breda, Nördlingen ou Gravelines, garantit l'efficacité du système qui distingue les soldats du tiers. Outre une machine guerrière, la troisième est un creuset de camaraderie, un microcosme avec ses propres usages et coutumes.

Le recrutement

Lorsque le troisième avait besoin d'enrôler des soldats, le roi accordait un permis spécial signé de sa main (« conduite ») aux capitaines désignés, qui disposaient d'une circonscription de recrutement désignée et devaient rassembler suffisamment d'hommes pour constituer une compagnie. Le capitaine a ensuite déployé le drapeau à l'endroit convenu et a enrôlé les volontaires.

L'engagement était pour une durée indéterminée, jusqu'à ce que le roi accorde la licence et établisse une sorte de contrat tacite entre la couronne et le soldat.

Hormis le roi, seuls les capitaines généraux avaient...
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