Ce qu’il faut voir en salles
L’ÉVÉNEMENTMADRES PARALELAS ★★★☆☆
De Pedro Almodóvar
L’essentiel
Les destins parallèles de deux femmes devenues mères le même jour. Après Douleur et Gloire, Almodóvar livre une sorte de mélo de combat, politique et fiévreux.
Où aller après Douleur et Gloire et le sentiment, unanimement partagé, que son auteur était parvenu à un sommet ? Almodóvar aurait pu rester claquemuré chez lui, à décliner ses architectures baroques à l’infini, dans le confort de son appartement-musée. Mais Madres Paralelas montre clairement qu’il refuse de s’endormir sur ses lauriers et entend continuer à être dans le monde, à se nourrir de l’air du temps. L’argument, pourtant, a des airs de mélo intemporel : deux femmes ayant accouché au même moment vont voir leurs vies s’entremêler à la suite d’un coup du sort. A ce premier film, à la fois morbide et sensuel, se greffe une réflexion sur le souvenir du franquisme, la transmission de la mémoire historique et la folie de notre ère « post-vérité ». L’aisance avec laquelle Almodóvar articule parcours individuels et destin collectif est celle d’un grand maître très sûr de ses effets. Pourtant, c’est aussi le côté imparfait du film qui séduit. Tant pis, donc, si le troisième acte tire en longueur, si quelques scènes de dialogue sonnent empruntées. Tout, plutôt que de rester enfermé dans la prison de sa propre maîtrise.
Frédéric Foubert
Lire la critique en intégralitéPREMIÈRE A ADORE
LE DIABLE N’EXISTE PAS ★★★★★
De Mohammad Rasoulof
C'était le meilleur film de l'année 2020, avant son report en fin d'année suivante pour cause de pandémie. Un an plus tard, Le Ddiable n'existe pas boxe toujours dans la catégorie poids (très, mais alors très) lourds : un film à sketches composé de quatre histoires, de quatre purs thrillers -allant du drama familial et rural hardcore à un audacieux plongeon en prison à la John Carpenter- qui, ensemble aussi bien que séparément, mettent au tapis en termes de cinéma et de colère à peu près toute la pauvre concurrence. Bien que tourné en semi-clandestinité, c'est dramatiquement impeccable. Ours d'or à Berlin 2020, le film de l'iranien Mohammad Rasoulof reste un événement de cinoche dont la colère ne risque pas de s'éteindre de sitôt. Pour l'auteur de ces lignes, ça ne fait pas de doute : c'est le meilleur film de 2021.
Sylvestre Picard
Lire la critique en intégralitéPREMIÈRE A BEAUCOUP AIME
LA FIEVRE DE PETROV ★★★★☆
De Kirill Serebrenikov
A la veille du Nouvel An et alors qu’une sale grippe se propage, quelques jours ...
[Courte citation de 8% de l'article original]