Comment le fer a révolutionné l'industrie du bâtiment au XIXe siècle

GEO - 17/02
Au milieu du XIXe siècle, l’industrie de la charpente de bois cède peu à peu la place à celle du fer dans le bâtiment. Gares, ponts et édifices...

En ce 3 juin 1853, un invité de marque traverse le quartier des Halles. L’empereur Napoléon III s’arrête devant l’église Saint-Eustache et observe longuement un grand pavillon aux trois quarts achevé. Depuis plusieurs mois, le "fort des Halles", comme est surnommé avec ironie ce nouveau bâtiment, subit les quolibets des riverains. On le trouve trop sombre, trop trapu… Un peu injustement, on le compare avec regret à l’éblouissant palais de Cristal qui, depuis deux ans, fait sensation outre-Manche. Cette prodigieuse coupole de fer, de fonte et de verre, a été érigée à Londres pour abriter la toute première Exposition universelle de l’histoire.

Les Halles parisiennes, dévolues au marché d’approvisionnement, ne prétendent pas à tant d’éclat, mais leur auteur, l’architecte Victor Baltard, s’est lui aussi proposé de "faire passer la lumière" en s’appuyant sur le fer. "Or au lieu d’une légère toiture métallique calée entre quatre pavillons d’angle en pierre, [c’est] un bâtiment d’apparence massive et fermée", écrit l’historien Bertrand Lemoine dans L’Architecture du fer (éd. Champ Vallon, 1986). La charpente métallique est bel et bien là, mais camouflée derrière une épaisse maçonnerie.

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L'élégante charpente métallique de la nouvelle gare Saint-Lazare

Par un hasard du calendrier, ce même jour de 1853, Napoléon III visite les quais de la nouvelle gare Saint-Lazare, conçue par l’ingénieur Eugène Flachat. L’élégante verrière soutenue par une immense charpente métallique conquiert l’empereur : "Ce sont de vastes parapluies qu’il me faut, rien de plus", confie-t-il au préfet de la Seine, le baron Haussmann. Sous-entendu : l’emp...
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