"Il faut dire la vérité telle que nous la voyons", disait Jean-Jacques Servan-Schreiber, le fondateur de L’Express. Alors oui, cette définition géniale du journalisme, c’est celle qui soixante-dix ans plus tard, continue d’animer notre rédaction. Dire la vérité, telle qu’elle figure en toutes lettres, dans ces archives du KGB, passées clandestinement à l’Ouest dans les années 1990 et, depuis, soigneusement conservées au collège Churchill de l’université de Cambridge (Royaume-Uni). Des milliers de feuilles dactylographiées en cyrillique, qui, sous l’égide du transfuge Vassili Mitrokhine, ancien archiviste du KGB, et de l’historien britannique Christopher Andrew, avaient déjà commencé à parler en 1999 (1), en montrant à quel point la France était devenue un nid d’espions soviétiques pendant la guerre froide.
Cette fois, au terme d’une enquête de plusieurs mois, nous sommes allés plus loin, avec la révélation du nom d’un grand journaliste français, qui se cachait derrière l’alias "Brok". Selon les documents de Cambridge, auxquels nous avons pu avoir accès,...
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