Mayotte : barrages, manifestations, affrontements... pourquoi l'île se mobilise depuis trois semaines

LCI - 12/02
[VIDÉO] - Ce dimanche 11 décembre, Gérald Darmanin était à Mayotte pour répondre à la colère de certains Mahorais.Depuis trois semaines, des collectifs de citoyens se mobilisaient en dressant des barrages partout sur l'archipel afin de protester contre l'insécurité et l'immigration.Après les annonces, certains blocages ont été maintenus.

Ce dimanche 11 décembre, Gérald Darmanin était à Mayotte pour répondre à la colère de certains Mahorais.
Depuis trois semaines, des collectifs de citoyens se mobilisaient en dressant des barrages partout sur l'archipel afin de protester contre l'insécurité et l'immigration.
Après les annonces, certains blocages ont été maintenus.

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Les annonces de Gérald Darmanin vont-elles suffire ? Depuis le 22 janvier, des collectifs citoyens en colère se mobilisent à Mayotte en dressant des barrages un peu partout dans l'archipel. Ces Mahorais protestent contre l'insécurité et l'immigration. Retour sur la situation qui paralyse le département le plus pauvre de France.

Le camp de Cavani cristallise les colères

Le weekend du 21 janvier, des affrontements, nécessitant l'intervention de la police, ont lieu entre des migrants originaires de la région des Grands lacs, en Afrique et tout juste arrivés à Mamoudzou, principale ville de l'archipel, et des habitants. Ceux-ci tentent d'empêcher les migrants d'accéder à un camp, installé au stade de Cavani et dans les rues environnantes. Dès le lendemain, des collectifs de citoyens qui bloquaient depuis plusieurs jours des mairies et des administrations pour protester contre l'arrivée massive de migrants dans ce département, se mettent à bloquer des axes routiers importants.

Depuis, le démantèlement de ce camp a été demandé par le Premier ministre Gabriel Attal. Pour autant, les blocages se sont poursuivis, toujours contre l'immigration et l'insécurité, avec des lourdes conséquences sur la vie quotidienne de l'archipel. Les barrages paralysent totalement la circulation et perturbent la vie économique du département, jusqu'à parfois gêner l'approvisionnement alimentaire de certains endroits de l'archipel.

Au-delà de ces actions des collectifs, des barrages ont été érigés par des jeunes encagoulés qui s'en prennent aux automobilistes. Des heurts ont par ailleurs éclaté. Le 29 janvier par exemple, des affrontements ont eu lieu à Sada, où des jeunes s'en sont pris à la brigade de gendarmerie à coups de parpaings, obligeant le GIGN à intervenir. Des établissements scolaires ont aussi été pris à partie, au point que certains ont dû fermer leurs portes.

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Après trois semaines de mobilisation, le ministère de l'Intérieur s'est donc rendu sur place et a fait plusieurs annonces, dont sa volonté de supprimer le droit de sol. Malgré cela, les barrages se poursuivent. "Gérald Darmanin demande la levée des barrages qui touchent économiquement l'île. C'est NON, on le rappelle, nous attendons des ACTES, moins de parole", ont répété sur X (ex-Twitter) les "Forces vives", qui regroupent tous les collectifs mobilisés et qui se définissent comme un ensemble de "citoyens, d'organisations locales et de défenseurs des droits". La levée des barrages est néanmoins espérée pour mercredi 14 février, le temps que les annonces soient transférées par écrit aux forces mobilisées.

Cette crise à Mayotte est un nouveau développement dans un département traversé par les difficultés. Dans ce département français qui est le plus pauvre de France, le sentiment d'insécurité est fort. À cela s'ajoute une crise de l'eau depuis août avec des coupures un jour sur trois. La pression démographique, accrue par les flux migratoires, exacerbe ce dernier problème. Mayotte est peuplé de 310.000 habitants, selon l'Insee, probablement beaucoup plus selon la Chambre régionale des comptes. Parmi eux, 48% sont des immigrés comoriens ou d'autres pays d'Afrique.

Aurélie LOEK

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