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Inondations : le Pas-de-Calais encore sous les eaux, un cauchemar sans fin
Depuis le 1ᵉʳ janvier, la ville des Sables-d'Olonne n'est plus assurée contre les aléas climatiques. Et la station balnéaire vendéenne n'est pas la seule : selon Alain Chrétien, maire de Vesoul (Haute-Saône) et chargé d'une mission intergouvernementale sur l’assurabilité des collectivités, "un millier de communes" ont vu leur contrat résilié ou leurs cotisations atteindre des niveaux trop élevés.
"Elles sont sûrement plus nombreuses", anticipe une source à l'Association des maires de France (AMF). "Mais c'est un sujet tabou : comment expliquer à son conseil municipal qu'on n'a trouvé qu'un assureur au Japon ?" C'est le cas par exemple de la Dinan (Côtes-d'Armor) qui, faute d'y parvenir en France, a trouvé refuge chez des assureurs japonais et américain. Le recensement des communes concernées est en cours. Les conclusions d'Alain Chrétien seront rendues en avril.
En cause : la multiplication des phénomènes météo extrêmes et l'ampleur des dégâts occasionnés. Quand les "bonnes" années - sans dommages - permettaient par le passé de compenser les "mauvaises", ce fragile équilibre n'existe plus aujourd'hui. Et de fait, les villes françaises sont toujours plus nombreuses à être concernées par des aléas climatiques, à l'image de celles du Pas-de-Calais, victimes de trois épisodes d'inondations en quelques semaines.
La situation ne va pas s'arranger : les événements naturels devraient coûter au total 143 milliards d'euros sur la période 2020-2050, soit près de deux fois plus que sur la période 1989-2019, estime France Assureurs. Selon une étude menée par le groupe d’assurance Covéa (MAAF, MMA et GMF), les seules pertes liées aux risques de crues pourraient augmenter de 130% d'ici à 2050.
"Nous serons appelés à payer plus cher nos assurances, en privé comme en public, parce que le risque augmente et qu'on n'a jamais trouvé personne d'autre que l'assuré pour payer les risques de tout le monde", a expliqué mercredi Alain Chrétien devant la Commission des Finances au Sénat. "L'important, c'est que ces cotisations augmentent de manière raisonnable."
Or, ce n'est pas le cas. À côté des communes qui ont vu leur contrat résilié, et qui se retrouvent dans l'impossibilité de trouver un autre assureur malgré des appels d'offre, d'autres ont vu leurs primes exploser. À Concarneau (Finistère), le coût a augmenté de 338% pour la responsabilité civile et 415% pour l'assurance dommage aux biens, cite Ouest-France. Certaines villes font le choix de s'auto-assurer, en mettant de l'argent de côté en cas de catastrophes naturelles, mais cette option est risquée en cas de gros dégâts sur les bâtiments publics et le mobilier urbain.
De leur côté, les assureurs appellent à la prévention. Et misent sur l'adaptation pour anticiper les conséquences du changement climatique : ici construire différemment, là adapter les normes à un risque de crue récurrent. Avec l'idée d'agir dès maintenant, d'investir pour se prémunir de dégâts trop colossaux à l'avenir.
Mais le discours est ambigu. Et pour cause : certains assureurs détiennent dans le même temps des actifs dans des entreprises fossiles, entreprises qui aggravent, par les émissions de CO2 associées à leurs activités, le réchauffement climatique.
Selon un rapport d'une ONG allemande Urgewald, AXA détenait ainsi 1,2 milliard de dollars d'actions et d'obligations dans des entreprises du secteur pétro-gazier fin 2022, ainsi que 280 millions de dollars dans le secteur du charbon. Allianz pouvait de son côté se targuer de 9,8 milliards de dollars d'actifs dans le pétrole et le gaz, mais aussi de 6,4 milliards de dollars dans le charbon.
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En juillet dernier, AXA a toutefois rejoint la liste d'une dizaine d'assureurs ayant décidé de ne plus couvrir les nouveaux champs gaziers. Une mesure qui s'appliquera en 2025. "S’il vaut mieux tard que jamais, il est regrettable de devoir se contenter d’une mesure encore très éloignée des projections de l’Agence internationale de l’énergie et qui ne prendra effet que dans deux ans alors que les populations souffrent dès maintenant de l’amplification des effets du dérèglement climatique", avait regretté à l'époque Lucie Pinson, fondatrice de Reclaim Finance.
Pour les...
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