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La disparition de Delphine Jubillar
Une disparition en plein confinement et à quelques jours de Noël, un homme mis en examen pour homicide volontaire, mais pas de corps... Depuis plus de trois ans, l'affaire Delphine Jubillar questionne et fascine.
L'infirmière âgée de 33 ans s'est mystérieusement volatilisée dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 et n'a jamais été retrouvée. Son mari a été mis en examen pour meurtre pour conjoint, six mois plus tard. Le trentenaire, peintre plaquiste de profession, a toujours clamé son innocence.
Alors qu'il devait être jugé dans les prochains mois aux assises pour ces faits, la cour d'appel de Toulouse a rendu, ce jeudi 8 février, une décision qui pourrait retarder la perspective d'un prochain procès pour celui que l'accusation a toujours considéré comme le principal suspect. TF1info revient sur les moments-clés de cette affaire.
Dans la nuit du 15 décembre 2020 au 16 décembre, dix mois après que le Covid a frappé la France et alors que la population est confinée, Delphine Jubillar, mère de famille âgée de 33 ans et infirmière de profession, disparait mystérieusement de sa maison de Cagnac-les-Mines (Tarn).
C'est son mari, Cédric, qui, à l'aube, signale aux gendarmes la disparition de son épouse. Selon son témoignage, celle-ci aurait quitté le domicile familial le mardi 15 décembre au soir vers 23h pour promener leurs deux chiens. Les deux Shar-Peï seraient revenus seuls au domicile plus tard dans la nuit.
Réveillé vers 4h par les pleurs de leur fille Elyah, alors âgée de 18 mois, Cédric Jubillar déclare s'être rendu compte de l'absence de son épouse et avoir téléphoné sans succès à ses amies du village, avant de composer le 17. Les gendarmes ne tardent pas à arriver au domicile pour faire des constatations et entendre le requérant.
Immédiatement, un important dispositif de recherches est mis en œuvre et le parquet d'Albi ouvre une enquête pour "disparition inquiétante". Le 23 décembre, une information judiciaire pour "arrestation, enlèvement, détention ou séquestration" est confiée à deux juges d'instruction à Toulouse. La maison du couple, en instance de divorce à l'initiative de Delphine Jubillar, est perquisitionnée.
Au fil des mois, les investigations se poursuivent... en vain. Les nombreuses battues et l'appel à témoins n'ont pas permis de retrouver la jeune femme. Au même moment, les regards se tournent vers Cédric Jubillar, qui apparait aux yeux de certains comme un coupable idéal.
Ce dernier avait appris, peu avant la disparition de sa femme, que cette dernière avait un amant qu'elle avait connu sur un site de rencontre et qu'elle voyait de temps en temps, dans des hôtels notamment. Le 15 au soir, Delphine Jubillar avait échangé des messages avec lui et lui avait même envoyé une photo d'elle en pyjama. Cédric Jubillar a-t-il eu un accès de violence en découvrant cela ?
Selon Louis, leur petit garçon de 6 ans, le couple s'est disputé, comme cela pouvait arriver "parfois", le 15 au soir dans la maison, à quelques mètres du sapin de Noël. L'enfant déclare notamment aux enquêteurs : "Alors, puisque c’est comme ça, on va se séparer. C’est peut-être papa ou maman qui a dit cela. Moi ça m’a rien fait. Après je me suis endormi et j’ai plus rien entendu".
Le 30 avril 2021, Cédric Jubillar est entendu en qualité de partie civile par les juges d'instruction, puis placé en garde à vue le 16 juin, tout comme sa mère et son beau-père. Deux jours plus tard, le 18, il est mis en examen pour meurtre sur conjoint, et écroué. Le procureur de Toulouse de l'époque, Dominique Alzeari, pointe alors un "contexte de séparation très conflictuel" et fait état d'une violente dispute le soir du 15 décembre, dont aurait été témoin leur fils de six ans. Selon le magistrat, Cédric Jubillar a admis être au courant que son épouse avait un "amant", la surveillait, et se montrait parfois "brutal et agressif".
Depuis, les prolongations de détention et les rejets de demandes de mise en liberté s'enchaînent.
Le 6 novembre 2023, le parquet de Toulouse demande, dans son réquisitoire définitif, le renvoi devant les assises de Cédric Jubillar.
Le 21 novembre, deux juges en charge du dossier Jubillar signent l'ordonnance de mise en accusation, ouvrant la voie à un procès aux assises dans les mois suivants.
Le lendemain, les avocats de Cédric Jubillar annoncent qu'ils font appel du renvoi de leur client devant la cour d'assises du Tarn. "On a pris le soin de lire cette ordonnance de mise en accusation et nous avons décidé bien évidemment d'en relever appel, considérant que notre client est innocent. Nous exploiterons tous les recours à notre disposition pour démontrer la vacuité de ce dossier", déclare alors Alexandre Martin, l'un des trois avocats du peintre-plaquiste de 36 ans.