“Etre prêt: Repères spirituels” : croire, une fois pour toutes

Atlantico - 21/03
L’abbé Pierre-Hervé Grosjean publie « Etre prêt : Repères spirituels » aux éditions Artège. L'abbé Grosjean nous propose dix repères pour éclairer et accompagner cette aventure rude et magnifique qu'est notre vocation d'homme, de femme, de chrétien ; dix méditations qui, tour à tour, nous donneront lumière, force, consolation et confiance. Extrait 2/2.

Je ne sais pas si je crois vraiment… » C’est une phrase que j’entends souvent en accompagnement ou lors de discussions. Il me semble utile de réfléchir aux malentendus que ces mots révèlent.

D’abord, il semble étonnant de ne pas savoir si on croit. La question est plutôt : « Mais veux-tu croire? » La foi est en effet la réponse libre de l’homme, avec l’aide de la grâce, à la révélation de Dieu, y reconnaissant la vérité. « La foi est la vertu théologale par laquelle nous croyons en Dieu et à tout ce qu’il nous a dit et révélé, et que la sainte Église nous propose à croire, parce qu’il est la vérité même » (CEC, no  1814). C’est donc en même temps un don – Dieu nous rend capables de croire par sa grâce, et nous offre la vérité à laquelle adhérer –, mais aussi un choix libre : nous décidons d’adhérer à ce qui nous est ainsi révélé. Ne pas savoir si on croit revient à ne pas savoir ce qu’on veut, à ne pas choisir.

On entend aussi certains dire : « J’aimerais bien que ça m’arrive! » Ou encore : « J’aimerais avoir la foi. » Pourtant, la foi n’est pas quelque chose qui nous « tombe » dessus sans que nous le voulions, comme si cela ne dépendait aucunement de nous. Même ceux qui se sont convertis brutalement ont dû faire un choix vis-à-vis de ce qui leur était révélé de façon si particulière, à travers une expérience spirituelle forte ou une rencontre. On peut aussi recevoir la foi sans l’avoir demandée quand on est baptisé tout petit, mais ce don gratuit de la foi appelle ensuite une réponse de l’homme, au fur et à mesure que grandit sa capacité à choisir. C’est tout l’enjeu de l’éducation chrétienne : faire prendre conscience à l’enfant du don qu’il a reçu et l’aider ensuite à choisir d’y répondre librement, peu à peu, par sa foi et par sa vie. Donc, la vraie question est à nouveau : « Veux-tu croire? » Si oui, tu as la foi, voilà ! Croire, c’est vouloir accueillir avec l’aide de Dieu le don de Dieu. Croire, c’est vouloir croire, ce n’est pas ressentir que je crois. Croire, c’est choisir de donner sa confiance et s’en remettre pleinement à Dieu, le reconnaître tel qu’il se présente en Jésus Christ : « Le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6).

De même, on ne perd pas la foi comme on perd ses clefs. Un jour, on a sans doute décidé plus ou moins consciemment de ne plus accorder sa confiance. Sous le coup d’une épreuve dramatique qui nous a ébranlés dans nos fondations ou bien parce qu’une période d’aridité spirituelle nous met dans une grande fragilité, propice au doute qui envahit tout. Ou encore, parce que nous sommes en révolte contre Dieu : on pense ainsi le « punir » en ne croyant plus. On peut aussi tout simplement arrê...
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