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Colère des agriculteurs français : vers la sortie de crise ?
Depuis le début de l'année 2024, Éric Hetteville, éleveur laitier à Moncy dans l'Orne, est en colère contre l'entreprise qui achète son lait. Malgré une production de 700.000 litres par an, l'équilibre financier de l'éleveur est très précaire : "Avec un prix qui baisse et des charges qui restent élevées, ça devient très compliqué", dit-il dans le sujet de TF1 en tête de cet article. "Aujourd'hui, c'est plus possible", constate-t-il. Et pour cause : carburant, énergie, et même le budget nourriture de ses bêtes ont augmenté. "Moi, j'estime environ entre 15.000 et 20.000 euros de plus en coût de nourriture sur l'ensemble des animaux pour produire du lait", note-t-il.
Comme cet éleveur, ils sont des centaines à faire de la résistance. Le prix d'achat du lait proposé par le géant mondial Lactalis à ses producteurs pour les deux premiers mois de 2024 est "clairement insuffisant" en dépit de la proposition d'augmentation faite par l'entreprise, a affirmé lundi l'association les représentant. Bloqué dans des discussions avec l'Union nationale des éleveurs livreurs Lactalis (Unell), l'industriel a annoncé samedi qu'il augmentait son prix pour janvier de 15 euros, le faisant passer de 405 à 420 euros/1.000 litres, et le fixait également à ce prix pour février. "Cet effort correspond à 15 € de plus que la formule contractuelle Unell-Lactalis", insistait le groupe laitier.
Yohann Serreau, président de l'Union nationale des éleveurs livreurs Lactalis, participe aux négociations. "Le niveau de prix à 420€/1000L annoncé par Lactalis reste clairement insuffisant au regard des besoins des éleveurs. Il s'agit par ailleurs d'un des prix les moins disant de la filière lait en France pour ce début d'année", réagit-il. L'Unell, qui fédère 11 organisations de producteurs et 5.200 éleveurs, indique qu'elle "ne peut pas accepter un tel niveau de prix alors qu'elle a proposé un compromis avec la reconduction du prix moyen 2023 sur le premier trimestre 2024 (soit 429€ /1000L) pour rétablir un climat de confiance".
Sollicité par TF1, il dénonce un manque de transparence de son acheteur. "On attend une vraie considération de la part de Lactalis", dit-il. Également contacté par l'équipe du 20H, le géant industriel se défend : "Sur une bouteille classique vendue par Lactalis, plus de 50% du prix est destiné aux éleveurs". Et l'entreprise insiste sur ses lourds investissements. "Le groupe s'est lancé dans la modernisation de ses sites", précise la multinationale.
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Entre les producteurs et Lactalis, une médiation se poursuit sous l'égide du ministère de l'Agriculture pour assouplir le dialogue et trouver le juste prix. Mi-janvier, avant que les mobilisations nationales d'agriculteurs ne réclament entre autres de meilleurs revenus, des producteurs de lait avaient manifesté devant plusieurs sites Lactalis de l'ouest de la France pour dénoncer le prix de 405 euros pour 1.000 litres (soit 40 centimes le litre), fixé selon eux unilatéralement par le groupe et qui "ne tient pas compte du tout de la loi Egalim" qui prévoit "de la négociation et de l'intégration des coûts de production du lait sorti de nos fermes".
Pour calmer la colère des agriculteurs, le Premier ministre Gabriel Attal a promis un "renforcement" de la loi Egalim, avec des "contrôles massifs" sur les industriels et les distributeurs, ainsi que des sanctions contre ceux qui ne respecteraient pas cette loi.
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