Ce que Claudine Gay avait raison et la Cour internationale de Justice avait tort

Yair Rosenberg - The Atlantic - 05/02
Le contexte compte.

En 2003, Warner Bros. a sorti le très médiatisé Terminator 3 : Rise of the Machines, environ 12 ans après le précédent opus de la franchise. Le célèbre critique Roger Ebert n'a pas été impressionné. Le film, écrit-il, « abandonne sa propre tradition pour proposer une action mur à mur dans ce qui est essentiellement une longue poursuite et un combat, ponctué de dialogues comiques, campagnards ou simplistes ». Imperturbables, les promoteurs du film ont fièrement affiché le verdict d’Ebert sur leur publicité. Eh bien, en quatre mots : « Action mur à mur ».

Le contexte compte. Cela peut complètement changer le sens d’une phrase ou d’un acte. Et pourtant, depuis le 7 octobre, de nombreuses personnes par ailleurs réfléchies et intelligentes ont abandonné le contexte et sont devenues l’équivalent politique de l’équipe de relations publiques de Terminator 3. Lorsqu’il ne s’agit pas de films mais de questions liées au Moyen-Orient, les conséquences de ce tour de passe-passe sont bien plus graves qu’un quelconque gonflement promotionnel douteux.

Pièce A : Le Congrès américain. En décembre, la représentante républicaine Elise Stefanik a interrogé Claudine Gay, alors présidente de l’Université Harvard, sur l’antisémitisme sur le campus. L’échange est devenu viral et a finalement déclenché les événements qui ont conduit à la démission de Gay suite à des accusations de plagiat. L’ironie est que dans le conflit qui a précipité son éviction, Gay avait raison et Stefanik avait tort.

Stefanik a débuté en invoquant des slogans devenus monnaie courante lors des rassemblements pro-palestiniens : « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre » et « Mondialisez l’Intifada ». Ces phrases, selon Stefanik, étaient des appels au meurtre des Juifs. Elle a ensuite astucieusement confondu ces chants avec un plaidoyer en faveur du génocide du peuple juif. Mais Gay et ses collègues présidents d'université présents à l'audience ont refusé d'accepter cette formulation des slogans. Lorsqu’on lui a demandé catégoriquem...
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