DOCUMENT LCI - "J'essaie de sortir le moins possible de chez moi" : en Ukraine, la crainte d'une nouvelle mobilisation

LCI - 03/02
[VIDÉO] - Une nouvelle loi sur la mobilisation de plusieurs centaines de milliers d'Ukrainiens est en cours de rédaction.Les hommes en âge d'être appelés pour se battre vivent la peur au ventre.Beaucoup d'Ukrainiens tentent d'échapper aux convocations envoyées par le centre de recrutement.

Une nouvelle loi sur la mobilisation de plusieurs centaines de milliers d'Ukrainiens est en cours de rédaction.
Les hommes en âge d'être appelés pour se battre vivent la peur au ventre.
Beaucoup d'Ukrainiens tentent d'échapper aux convocations envoyées par le centre de recrutement.

"Nous devons faire face à une réduction du soutien militaire de nos principaux alliés, aux prises avec leurs propres tensions politiques". Voici ce qu'a déclaré le chef de l'armée ukrainienne Valery Zaloujny dans une tribune pour CNN publiée jeudi. Une baisse qui obligerait ainsi l'Ukraine à adapter sa stratégie militaire. Le très populaire commandant en chef des armées, dont les tensions avec le président Volodymyr Zelensky suscitent de nombreux commentaires, a également affirmé que l'Ukraine ne sera pas en mesure d'augmenter les effectifs de son armée à moins que le Parlement ne prenne des mesures "impopulaires" pour mobiliser davantage d'hommes.

L'armée a demandé au président Zelensky d’enrôler un demi-million d'habitants supplémentaires pour remplacer les soldats épuisés, face aux quelque 600 000 Russes déployés en Ukraine. Le gouvernement ukrainien a de son côté lancé une nouvelle campagne de mobilisation, car il peine à recruter. Mais alors que la loi sur la mobilisation de plusieurs centaines de milliers d'Ukrainiens est en cours de rédaction, beaucoup d'hommes en âge d'être concernés tentent par tous les moyens d'échapper aux convocations du centre de recrutement, envoyées dans tout le pays.

"J'essaie de sortir le moins possible de chez moi"

"Les gens voient ce qu'est la guerre, ça les démoralise, car ils comprennent à présent ce que cela signifie. Ils ne veulent plus se rendre dans un centre de recrutement. Des cas comme ça, il y en a beaucoup", affirme Génia, soldat recruteur réformé après trois blessures sur le front. Désormais, son rôle est d'aider au recrutement des soldats qui remplaceraient ceux qui se battent depuis presque deux ans.

Une mission difficile, car depuis l'annonce de cette mobilisation, beaucoup d'Ukrainiens vivent dans la peur, comme Yuri, un civil mobilisable qui s'est confié à LCI : "J'essaie de sortir le moins possible de chez moi. Je connais les itinéraires à emprunter."

Les contrôles se multiplient

Comme Yuri, de nombreux civils mobilisables craignent les contrôles, qui se multiplient. "On se poste devant les stations de métro pour vérifier les identités", explique Génia dans le reportage de LCI visible ci-dessus. De plus, des listes de réfractaires sont transmises à la police. Yuri, lui, se raccroche au texte de la Constitution ukrainienne pour tenter d'échapper au centre de recrutement. "La défense de son pays ne se fait pas seulement les armes à la main. On peut le faire en restant à l'arrière", souligne-t-il.

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Un argument que n'entendent pas les autorités ukrainiennes. "On aimerait bien que les combats soient moins intenses car cela demanderait moins de mobilisation de notre côté. Mais malheureusement, on y est obligé par une réalité mathématique : les Russes sont plus nombreux", avance Mikhaïlo Podoliak, conseiller du président Zelensky. Une équation insoluble qui est en train de fracturer la société ukrainienne.

N.K | Reportage Marianne Kottenhof, Éric Josset

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