Quelques heures après l'annonce de la mort de deux humanitaires français dans le sud de l'Ukraine, le parquet national antiterroriste a annoncé ce vendredi l'ouverture d'une enquête. Les deux personnes sont mortes lors d'un bombardement russe sur la petite commune de Beryslav, située sur la rive nord du Dniepr, a communiqué vendredi le ministère français des Affaires étrangères.
Trois autres Français ont également été blessés dans l'incident, selon le Quai d'Orsay. Oleksandr Prokoudine, le gouverneur de la région de Kherson, où se trouve Beryslav, avait jeudi soir fait état de deux "volontaires" Français tués et trois blessés, ainsi qu'un Ukrainien blessé par cette frappe.
L'enquête du parquet antiterroriste est ouverte pour crimes de guerre et atteinte volontaire à la vie d'une personne protégée par le droit international humanitaire, notamment. Confiée aux gendarmes de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH), c'est la 10ᵉ procédure ouverte par le Pnat depuis le début du conflit en février 2022.
Vendredi, le nouveau chef de la diplomatie français, Stéphane Séjourné, a affirmé sur X qu'ils étaient bien "humanitaires". "Deux humanitaires français ont payé leur engagement auprès des Ukrainiens de leur vie. Trois sont blessés", a écrit M. Séjourné, dénonçant la "barbarie russe".
"Deux humanitaires français ont été tués en Ukraine par une frappe russe", a ensuite réagi sur X Emmanuel Macron. "Un acte lâche et indigne", a estimé le président français, dont la "solidarité va à tous les bénévoles qui s'engagent pour aider les populations."
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également salué sur les réseaux sociaux la mémoire des deux "courageux" humanitaires français qui "aidaient les gens", fustigeant une "terreur russe" qui ne tient pas compte de la "nationalité des victimes".
L'ONG suisse Eper (Entraide protestante suisse, Heks en allemand) a de son côté annoncé avoir perdu deux collaborateurs lors d'une "attaque mortelle" dans le sud du pays.
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Beryslav, qui comptait environ 12.000 habitants avant la guerre, est située sur la rive nord du fleuve, près de la ligne de front. Le 27 janvier, une personne y avait été tuée par un explosif lancé par un drone russe.
Les deux humanitaires français s'ajoutent à la liste de plusieurs civils français tués en Ukraine depuis le début de la guerre, il y a deux ans. Arman Soldin, un journaliste de l'AFP, a été tué en mai 2023 lors d'une attaque de roquettes russes dans l'est du pays, près de Bakhmout.
Avant lui, Pierre Zakrzewski, caméraman franco-irlandais de Fox News avait été tué mi-mars 2022 au nord-ouest de Kiev après l'attaque de son véhicule et Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste pour BFMTV, avait été tué fin mai 2022 alors qu'il suivait une mission humanitaire dans l'est du pays.
Les tensions entre la France et la Russie s'exacerbent depuis des semaines, notamment depuis l'annonce en janvier par le président Macron de nouvelles livraisons d'armes à Kiev.
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