Quatre ans, trois mois et 14 jours. Soit 1566 jours. Convoqué par Fabien Galthié pour préparer le Tournoi des Six Nations, qui s'ouvre avec le choc France-Irlande, vendredi 2 février (à 21h, en live commenté sur TF1info), Paul Gabrillagues ne "s'attendait pas du tout", de son propre aveu, à revoir Marcoussis de sitôt. Alors renfiler le maillot frappé du Coq, il était à mille lieues de l'imaginer, lui dont la 16e et dernière cape remonte à la défaite contre le pays de Galles (20-19), le 20 octobre 2019, en quarts de finale de la Coupe du monde. Mais voilà, à 30 ans, le capitaine du Stade français est bien de retour.
Plus de quatre ans après avoir étrenné la tunique tricolore, pour ce qu'il pensait être la dernière fois, le deuxième ligne parisien, qui ne jurait que par le PSG avant, à 12 ans, d'arriver au rugby par hasard, va connaître sa 17e sélection en Bleu. Auteur d'un début de saison convaincant avec les "Soldats roses", dauphins du Racing 92 en Top 14, le joueur formé au Paris Université Club (PUC) a su saisir sa chance. Il s'est invité dans la liste des 34, profitant de la blessure du Mondialiste Thibaud Flament (26 ans, 24 sélections), qui présente un trait de fracture au gros orteil, et de la non-sélection de Bastien Chalureau (31 ans, 7 sélections, condamné en appel le 16 janvier à six mois de prison avec sursis pour des violences commises en 2020.
Débarqué au CNR, il a ensuite gagné la confiance du staff, qui a fini par choisir de l'aligner d'entrée face à l'Irlande. Un choix qui, à l'instar de la titularisation de Yoram Moefana, s'inscrit dans la volonté tricolore de densifier les phases de ruck. La fameuse "intensité combattue" voulue par Fabien Galthié pour gagner le combat face au "Trèfle". "L'Irlande va nous obliger à plaquer 200 fois, à faire 200 rucks sans la possession", a appuyé le sélectionneur tricolore, mercredi 31 janvier, lors de l'annonce de la composition, à deux jours de l'ouverture du Tournoi. "Il nous faudra à la fois de l'intensité émotionnelle et de la maîtrise." Ce qui avait fait défaut au XV de France lors du quart de finale perdu contre l'Afrique du Sud (28-29).
C'est pourquoi la balance a penché en faveur de Paul Gabrillagues au moment de le départager avec l'infatigable Cameron Woki, toujours aussi remuant depuis la Coupe du monde. "Paul a une grande capacité à enchaîner les tâches obscures, notamment sur les déblayages, les rucks ou les plaquages", a décrit Patrick Arlettaz, le nouvel entraîneur en charge de l'attaque, qui succède à Laurent Labit. "On sait que les Irlandais vont nous proposer énormément de séquences, avec énormément de possession et il faudra résister à ça." "Il connaît le niveau international et est performant en club", a ajouté le directeur de la performance Nicolas Jeanjean, tout en saluant "sa capacité à se déplacer et à être agressif".
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Un côté dur sur l'homme que le gaillard parisien (1,97m, 106 kg), qui va former en deuxième ligne un attelage costaud avec le non moins massif Paul Willemse (2,01m, 125 kg), va mettre à 200% au service du pack tricolore. Sans doute conscient qu'il peut aller "chercher le maillot", comme aime le répéter à l'envi Fabien Galthié. "Comme tout le monde, on veut jouer. On est des compétiteurs, on a tous envie de jouer", a affirmé Paul Gabrillagues. Lui peut-être encore plus que les autres.
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