Il y a des films qui marque indélébilement. Il y a un avant et un après la vision de ce genre d'oeuvre unique qui vous change le regard sur une époque proche ou lointaine, une idéologie politique ou religieuse, une idée de l'humanité, de sa grandeur comme de son horreur. Et "The Zone of Interest" en fait définitivement partie.
Le film, en sélection officielle à Cannes, n'a gagné, si j'ose dire, que le Grand Prix du Jury (soit la Palme d'argent), mais aussi le Prix de la presse FIPRESCI, gage de l'excellence et de la vision novatrice d'un auteur.
Jonathan Glazer n'est bien sûr pas un inconnu, mais le grand public ne l'a découvert que pour son précédent film, son quatrième long métrage, "Under the Skin", fiction ultra brillante qui envoie l'alien Scarlett Johansson sur terre sous forme humaine afin de se repaître d'énergie et de chaleur humaine, en particulier sexuelle. Entre film fantastique sous acide et road movie existentiel, images hiératiques et réalité documentaire, c'est l'un des films les plus intrigants jamais vu sur l'altérité et aussi, finalement, sur le mystère de la création. Il a aussi signé les clips de Radiohead, Jamiroquai, Massive Attack et Blur, entre autres, mais "The Zone of Interest" restera comme le premier film qu'il réalise et qu'il écrit aussi seul, même si le scénario est une adaptation du livre éponyme de Martin Amis, mort le jour même de sa première mondiale à Cannes.
Palme ou pas, "La Zone d'intérêt" restera dans l'histoire du cinéma comme l'un des films majeurs sur l'Holocauste, en inversant les représentations et les points de vue, livrant une vision de l'enfer implacable, tant sur le fond que sur la forme.
En plaçant le spectateur en entomologiste - le film ...
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