La Zone d’intérêt, Argylle, Sous le vent des marquises : Les nouveautés au cinéma cette semaine

Première - 31/01
Ce qu’il faut voir en salles

Ce qu’il faut voir en salles

L’ÉVÉNEMENTLA ZONE D’INTERÊT ★☆☆☆☆

De Jonathan Glazer

L’essentiel

La presque Palme d’or à Cannes achève la transformation du « film de Shoah » en terrain d’exercice théorique et d’expérimentation formelle, sans éviter aucun des écueils habituels de ce qu’il faut bien appeler un genre, désormais.

Montrer, ne pas montrer, dire ou ne pas dire, Jonathan Glazer connaissait tous les pièges et il n’est de toute façon pas cinéaste à se jeter à l’abordage sans réfléchir. Le théorème de La Zone d’intérêt, c’est la présence perpétuelle, obsédante de la machine génocidaire, aux moments les plus intimes, tendres et (en apparence) anodins. L’effort de reconstitution est maniaque, la précision technique absolue. Pourtant, Glazer se prend les pieds dans le tapis. L’enjeu était de s’inscrire dans l’histoire de la (non) représentation des camps de la mort, pour dire qu’en matière de Shoah, le hors champ est aussi insoutenable voire, en ce qui concerne les protagonistes eux-mêmes, encore plus odieux. Sauf que le cinéaste ne laisse rien hors champ, justement. Ni le sang, ni les restes humains, ni la fumée rougeoyante du four crématoire. Le film s’accable lui-même d’une double peine : trop scolaire tout en contredisant maladroitement sa propre doxa théorique en alignant les effets de sens, de rime et de choc, comme on checke une liste de courses au supermarché.

Guillaume Bonnet

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PREMIERE A BEAUCOUP AIME

LA FERME DES BERTRAND ★★★★☆

De Gilles Perret

Plus proche d’Agnès Varda que de Frederick Wiseman, Gilles Perret filme une famille épanouie et incroyablement modeste, celle des Bertrand, qu’il avait déjà portraituré dans son premier film Trois frères pour une vie en 1997 après avoir vécu durant toute son enfance à côté de cette ferme de Haute-Savoie perchée dans les montagnes. En complétant les images de 1997 et 2022 avec des archives télévisées de 1972, le film offre une vision kaléidoscopique d’un métier encore trop peu mis en valeur, auquel Perret restitue toute son importance ai...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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