Redonner sa "souveraineté" à la France, aux Français "le contrôle de leur propre vie". Voilà le cap que Gabriel Attal s'est fixé, la ligne directrice qu'il a tracée au cours de son discours de politique générale déclamé ce mardi 30 janvier à la tribune de l'Assemblée nationale. Dans une déclaration à destination des classes moyennes, ces Français "qui ne se plaignent pas alors qu'ils ont souvent le sentiment de subir", "qui ont le sentiment d'avoir tous les devoirs quand d'autres ont tous les droits", "qui ont le sentiment que les décisions se prennent sans eux et qu'elles bénéficient toujours aux mêmes", le chef du gouvernement leur a promis des mesures pour "pouvoir vivre de leur travail, éduquer leurs enfants, se soigner et vivre en sécurité". Voici ce qu'il faut retenir de ses annonces.
"Nous devons faire évoluer un système qui nous a conduits, depuis des décennies, à concentrer nos aides, nos exonérations, au niveau du Smic", a déclaré le chef du gouvernement, assurant que "oui, j’assume de le dire, il faut désmicardiser la France". Pour cela, il souhaite agir "résolument" pour que les branches professionnelles qui continuent à rémunérer en dessous du Smic "remontent ces rémunérations", n'excluant "aucune mesure" pour parvenir à des résultats rapides.
Pour les fonctionnaires, Gabriel Attal a acté le report au "second semestre" de la réforme de la fonction publique, annoncée initialement pour février, qui doit notamment élargir les possibilités de payer les fonctionnaires au mérite.
Par ailleurs, Gabriel Attal a demandé à ses ministres "d'expérimenter la semaine en quatre jours, sans réduction du temps de travail".
Le chef du gouvernement a confirmé la baisse de 2 milliards d'euros d'impôts promise par Emmanuel Macron, pour "continuer à baisser les charges qui pèsent sur la classe moyenne". Il a cependant maintenu "le cap" d'un déficit "sous les 3% d'ici à 2027" et indiqué que ses "premières propositions d'économies" pour le budget 2025 seront présentées "dès le mois de mars".
Gabriel Attal a annoncé la suppression de l'allocation solidarité spécifique (ASS). L'ASS "permet, sans travailler, de valider des trimestres" alors que "nous considérons que la retraite doit être le fruit du travail", a argué le chef du gouvernement, mettant en avant sa volonté de "combattre les trappes à inactivité". "Donc nous proposerons la bascule de l'allocation de solidarité spécifique au RSA et la suppression de cette allocation", a-t-il dit. Fin 2019, 351.000 personnes percevaient l'allocation de solidarité spécifique (ASS), selon la direction statistique des ministères sociaux (Drees).
Par ailleurs, il demandera une révision des règles de l'assurance-chômage si sa trajectoire financière "dévie".
Face à un secteur en crise, le Premier ministre a plaidé pour "un choc d'offres". "Nous allons simplifier massivement les normes : revoir les DPE, simplifier l'accès à MaPrimeRénov', faciliter la densification, lever les contraintes sur le zonage, accélérer les procédures", a déclaré Gabriel Attal.
Il a aussi fait des annonces concernant les logements sociaux. Pour inciter les maires à développer du logement social, "nous allons [leur] donner la main pour la première attribution dans les nouveaux logements sociaux construits sur leur commune", a-t-il indiqué. Le gouvernement entend également "faire évoluer" le monde du logement social afin de "soutenir les classes moyennes", a-t-il précisé. Pour ce faire, il va revoir le décompte des logements sociaux que les communes doivent respecter au titre de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU).
Gabriel Attal a confirmé la création d'une "taxe lapin" chez le médecin. "Je souhaite un principe simple, qui se traduise par des mesures claires dès cette année : quand on a un rendez-vous chez le médecin et qu’on ne vient pas sans prévenir, on paye", a-t-il déclaré.
Contre les déserts médicaux, il a annoncé la nomination d'un "émissaire, chargé d’aller chercher à l’étranger des médecins qui voudraient venir exercer en France". Aussi, il a menacé de restaurer les obligations de garde pour les médecins libéraux, dans les départements ou le Service d'accès aux soins (SAS) ne parviendrait pas à se mettre en place.
Pour libérer l'équivalent de 2,5 millions de consultations tous les ans, le Premier ministre a annoncé le passage de 6.000 à 10.000 assistants médicaux.
Les infirmières anesthésistes, qui sont à bac+5 "doivent pouvoir entrer directement en troisième année de médecine" si elles ont plusieurs années d'expérience, a estimé le chef du gouvernement, qui a aussi annoncé une revalorisation de salaire (environ 200 euros nets par mois) et une prime exceptionnelle de 800 euros dès le mois de mai pour les infirmières scolaires, estimant qu'il faut "mieux reconnaître leur engagement".
Gabriel Attal a annoncé la généralisation du Service national universel (SNU) à la rentrée 2026. "Notre réarmement civique, c’est renforcer l’unité républicaine de notre jeunesse...
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