Carburant, usure des pneus, continuité des exploitations... La grève "coûte cher" aux agriculteurs montant à Paris

LCI - 29/01
[VIDÉO] - La mobilisation massive des agriculteurs a un coût.Surtout pour ceux qui montent à Paris en tracteurs en délaissant leurs exploitations.Focus de TF1 sur leurs frais et les aides généreuses dont ils bénéficient.

La mobilisation massive des agriculteurs a un coût.
Surtout pour ceux qui montent à Paris en tracteurs en délaissant leurs exploitations.
Focus de TF1 sur leurs frais et les aides généreuses dont ils bénéficient.

Pour les agriculteurs en colère et leurs revendications, il y a du chemin à parcourir. Au sens figuré, le gouvernement n’y ayant que trop partiellement répondu selon la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, mais aussi au sens propre. À titre d’exemple, les manifestants partis d'Agen (Lot-et-Garonne) pour rallier Rungis (Val-de-Marne) ont dû arpenter quelque 700 km en tracteur. Ce qui pose la question du coût d’un tel périple, bien qu’il soit impossible, à ce stade, d’établir un montant précis.

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En premier lieu, il y a celui du carburant. "Il faut 400 litres à l’aller, 400 litres au retour, à plus d’un euro le litre, donc 1.000 euros de fioul", juge, au micro de TF1, Arnaud Sermet, l’un des agriculteurs effectuant ce voyage. Et qui a eu la chance de bénéficier du don d’une entreprise locale : une citerne de 13.000 litres de GNR, le gazole non routier dont le prix a été un catalyseur de la mobilisation. À 1,26 euro le litre exactement, c'est un très beau cadeau, d’une valeur de 16.000 euros.

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D’autant qu’en plus de beaucoup consommer, les tracteurs ont des pneus qui s’usent bien plus vite que ceux des moyens de locomotion plus classiques. "Ils ne sont pas faits pour la route ! Ils n’aiment pas trop ça", euphémise Théo Artillan, autre agriculteur agenais. Un pneu de tracteur coûte autour de 5.000 euros. Sans doute la plus grosse dépense pour ces exploitants.

Alors, pour les aider à économiser, les syndicats prennent en charge la nourriture, mais aussi le logement, pour passer la nuit à Limoges (Haute-Vienne), la première étape. "Tout le monde dort au chaud et peut se doucher, grâce à des établissements qui nous ont ouvert grandement leurs portes", explique Aurélie Armand, directrice de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne.

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En outre, pour prendre part au cortège, nombreux sont les agriculteurs à avoir laissé leurs exploitations. Certains ont réussi à anticiper, comme Christophe Spagnol : "J’ai ma compagne qui va s’occuper de l’élevage et, éventuellement, si elle est très embêtée, on s’est aussi organisés pour que les voisins viennent lui donner un coup de main", détaille-t-il.

D'autres, en revanche, n’ont pas eu d’autre choix qu d’embaucher pour assurer la continuité de leur activité. Ce qui "coûte cher", insiste Régis Desmuraux, président de la Fédération départementale de l’Oise de la FNSEA, sans toutefois pouvoir donner de fourchette précise. Autre montant restant à déterminer : celui des amendes qui pourraient être infligées après les dégradations commises ces dix derniers jours. Personne, d’ailleurs, ne sait même qui les paierait.

Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Laszlo Gelabert, Tristan Vartanian, Christophe Devaux

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