Patron des Bleues, Hervé Renard aurait "adoré" être "prêté" à la Côte d'Ivoire... Mais c'est quoi cette histoire ?

LCI - 26/01
[VIDÉO] - Sollicité par la Côte d'Ivoire, Hervé Renard ne sera pas "prêté" aux "Éléphants", qui comptaient sur lui pour disputer la fin de la Coupe d'Afrique des nations.La Fédération française de football a rejeté, jeudi 25 janvier, d'accorder temporairement à l'actuel sélectionneur des Bleues cette double casquette. Mais ce désir d'ailleurs, à six mois des Jeux olympiques, sonne comme un aveu.

Sollicité par la Côte d'Ivoire, Hervé Renard ne sera pas "prêté" aux "Éléphants", qui comptaient sur lui pour disputer la fin de la Coupe d'Afrique des nations.
La Fédération française de football a rejeté, jeudi 25 janvier, d'accorder temporairement à l'actuel sélectionneur des Bleues cette double casquette.
Mais ce désir d'ailleurs, à six mois des Jeux olympiques, sonne comme un aveu.

Qui imagine Didier Deschamps "piger" pour une sélection étrangère, tout en étant sur le banc des Bleus ? Personne de sensé. Pourtant, cette option a été envisagée pour Hervé Renard, son pendant chez les Bleues. Cité pour succéder à Djamel Belmadi, remercié après l'élimination, comme en 2022, de l'Algérie dès le premier tour de la Coupe d'Afrique des nations, le patron de l'équipe de France féminine a failli rejoindre "les Éléphants" ivoiriens. Le "sorcier blanc", seul vainqueur de la CAN avec deux pays différents, la Zambie en 2012 et la Côte d'Ivoire en 2015, a été contacté pour jouer les pompiers de service à Abidjan, après le limogeage de Jean-Louis Gasset, évincé après la gifle reçue contre la Guinée équatoriale (0-4). 

Comme révélé par L'Équipe, Yacine Idriss Diallo, le président de la Fédération ivoirienne (FIF), a cherché à se faire "prêter" le sélectionneur tricolore, attendu comme le sauveur du pays organisateur, en prévision du huitième de finale contre le champion en titre, le Sénégal, lundi 29 janvier (21h). Du jamais-vu dans l'histoire du football. L'histoire aurait pu s'arrêter là, si la Fédération française (FFF) et le principal intéressé, lié jusqu'à la fin des Jeux olympiques de Paris (26 juillet-11 août), avaient repoussé cette offre aussi improbable qu'inédite. Sauf que toutes les parties impliquées ont bel et bien réfléchi à la faisabilité du deal. La "3F" a étudié la proposition, avant finalement de se rétracter, comme annoncé par Philippe Diallo.

Les conditions n'étaient pas réunies
Philippe Diallo, président de la Fédération française de football

"J'ai eu une demande de la part de la Fédération de Côte d'Ivoire", a confirmé, jeudi 25 janvier, à L'Équipe, le président de l'instance française, qui a succédé à Noël Le Graët, poussé à la démission en janvier 2023 suite à des accusations de harcèlement moral et sexuel. "Après avoir étudié le sujet, on a considéré avec Hervé (Renard) qu'il ne quitterait pas, même provisoirement, son rôle de sélectionneur de l'équipe de France féminine. J'ai de bonnes relations avec le président de la Fédération ivoirienne. Il m'a appelé. Il a voulu voir s'il pouvait y avoir une solution. J'ai eu des interlocuteurs et, à la fin, cette hypothèse a été complètement écartée. Elle a été soulevée et refermée dans la journée. Les conditions n'étaient pas réunies."

"Flatté et intéressé", a-t-on dit, par cette offre de pige, Hervé Renard s'est plié au choix de la FFF, sans pour autant cacher sa frustration de ne pouvoir aller donner un coup de main aux "Éléphants". "Les négociations n'ont pas abouti favorablement, c'est que cela ne devait pas se réaliser. J'aurais adoré, mais le destin en a choisi autrement", a avoué, avec regret, auprès de Canal+, l'ancien entraîneur de Sochaux (2013-2014) et de Lille (2015). Bien que son entourage a tenté de rattraper le coup en réaffirmant que "les filles ont toujours été sa priorité", ces quelques heures de flottement risquent de laisser des traces.

Une affaire qui va poursuivre les Bleues

Car, si on occulte la demande fantasque de la Côte d'Ivoire, qui espérait un retour de l'homme qui l'a menée au titre en 2015, à la CAN organisée en Guinée équatoriale, c'est l'idée même d'avoir négocié un éventuel prêt qui agace. "Encore une fois j'ai envie de dire, est-ce qu'ils oseraient faire ça s'il était à la tête d'une autre sélection et, par autre sélection, j'entends masculine ?", a pesté dans L'Équipe l'ancienne internationale Élise Bussaglia (192 sélections, 30 buts). "Bien sûr que non. J'en ai un peu marre que le football féminin soit considéré comme une sous-catégorie du football masculin."

L'implication d'Hervé Renard qui interroge. "Encore une fois j'ai envie de dire, est-ce qu'ils oseraient faire ça s'il était à la tête d'une autre sélection et, par autre sélection, j'entends masculine ?", lance-t-elle dans L’Équipe. "Bien sûr que non. J'en ai un peu marre que le football féminin soit considéré comme une sous-catégorie du football masculin. Mais c'est aussi le reflet de la société dans laquelle on vit. Les mentalités évoluent trop lentement."

 Nommé en mars 2023 à la tête des Bleues avec la volonté de s'inscrire dans la durée, et d'offrir enfin à l'équipe de France ce trophée international qui lui échappe, l'homme qui a renversé l'Argentine de Lionel Messi au Mondial 2022 envoie des signaux contradictoires. Il donne l'impression de ne pas vouloir s'éterniser dans l'Hexagone. Ce qui est pour le moins déstabilisant, pour ...
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