Le Kremlin a assuré mardi que les Européens commençaient à tourner le dos à l'Ukraine. "Les Européens se rendent bien compte qu'ils ont jeté leur argent par les fenêtres", a déclaré le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, aux agences de presse russes. Une nouvelle pique de Moscou au moment où la poursuite de l'aide suscite des tensions internes à l'UE et aux États-Unis.
À ses yeux, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est ainsi "dans une position très difficile". "Il ne reçoit plus d'argent, il n'y a pas assez d'obus pour lui à l'étranger et il a des ennuis chez lui", en Ukraine, a-t-il ajouté.
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Le Kremlin s'efforce ces dernières semaines de présenter les pays occidentaux, principaux soutiens de Kiev, comme désunis face à la marche à suivre concernant l'Ukraine après quasiment deux ans d'assaut russe. Le ton est beaucoup plus optimiste à Moscou depuis l'échec de la contre-offensive ukrainienne l'an passé.
En l'état, le front qui s'étend en Ukraine sur environ 1.000 km est figé, à l'avantage de l'armée russe qui occupe près de 20% du territoire de son voisin et qui a pu ces derniers mois renforcer ses positions tout en mobilisant l'industrie nationale pour lui fournir les munitions nécessaires à la poursuite de son offensive.
Le "Guardian" a récemment dévoilé des images satellites prises par les services de renseignement britanniques. On y voit trois navires russes récupérant des containers dans un port nord-coréen.
Depuis plusieurs semaines, les Occidentaux accusent Pyongyang de fournir des armes à Moscou pour soutenir son invasion de l'Ukraine.
Les pays occidentaux ont salué le nouveau pas de la Suède vers l'Otan après le vote favorable du Parlement turc. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a convié son homologue suédois à Budapest pour tenter de lever les derniers obstacles à une entrée du pays nordique dans l'Otan.
Le feu vert donné mardi par le parlement turc à une écrasante majorité, met un point final à 20 mois de tractations qui ont testé la patience des alliés occidentaux d'Ankara, désireux de faire front uni face à Moscou dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine.
Le président ukrainien a promis hier une réponse forte après avoir annoncé un bilan d'au moins 18 civils tués et 130 blessés au cours de frappes aériennes russes nocturnes sur Kiev et Kharkiv. "Plus de 200 sites différents ont été touchés, dont 139 bâtiments d'habitation (...) 130 personnes ont été blessées, toutes reçoivent l'aide nécessaire. Malheureusement 18 personnes sont mortes", a déclaré Volodymyr Zelensky sur Telegram, indiquant que ce bilan pouvait augmenter.
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Mardi, Dmitri Peskov s'est également réjoui des dissensions au sein de la classe politique américaine, les républicains bloquant toujours une aide importante destinée à Kiev. "À un moment donné, Biden a dit qu'il s'agissait d'un investissement pour les Américains", a-t-il dit au sujet de l'aide à l'Ukraine. "Si l'on s'en tient à ça (...), alors il a fait faillite", a affirmé le porte-parole. L'Ukraine dit de son côté craindre l'effritement du soutien occidental, après deux années de conflit qui ont usé les opinions publiques et à l'approche d'importantes échéances électorales dans l'UE - européennes en juin - et aux États-Unis - présidentielle en novembre.
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