Comment l'armée a géré l'alliance avec les communistes pendant la Seconde Guerre mondiale

Simon Catros - Slate FR - 20/01
Loin de se réduire à une hostilité réciproque, leurs relations alternent entre défiance, méfiance et coopération.

L'ouvrage de Georges Vidal L'Armée française et le communisme – Guerre-révolution, insurrection et enjeu soviétique, 1939-1945 est le dernier paru d'un triptyque consacré aux relations de l'armée française et de ses officiers au communisme, sous la double incarnation du Parti communiste et de l'URSS, au cours du premier XXe siècle.

Ce livre, d'un volume imposant, aborde cette problématique dans le temps de la Seconde Guerre mondiale. Le récit est chronologique et organisé autour de deux axes: «Faire la guerre au communisme?» et «L'alliance avec le communisme», ce qui permet de suivre finement les évolutions dans le temps relativement court des six années que dure le conflit en Europe.

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L'ouvrage est doté d'un index et d'une présentation des sources archivistiques. Celles-ci sont d'une grande diversité et permettent d'aborder toutes les facettes d'une problématique extrêmement riche. Les archives du Service historique de la Défense –en particulier le «fonds de Moscou», soit les archives confisquées par les Allemands puis les Soviétiques et rapatriées après la Guerre froide– composent l'essentiel des fonds investigués.

Mais l'auteur a également parcouru les archives privées de personnalités militaires et politiques, dont celles de Jacques Duclos, dirigeant du Parti communiste clandestin. Si la bibliographie ne figure pas, en tant que telle, au terme de l'ouvrage, les nombreuses notes de bas de pages permettent de rendre compte de la maîtrise par l'auteur de la production académique et de son exploitation approfondie.

Jusqu'en 1942: un anticommunisme dominant

Lors de la «drôle de guerre», le communisme et la menace qu'il fait peser sont lus à l'aune des expériences passées de 1871 –la Commune– et de 1917-1920 –révolution bolchevique, puis onde révolutionnaire en Europe. Pour les officiers français, la guerre ébranle l'ordre social et peut entraîner, naturellement en cas de défaite, des troubles sociaux et une révolution. L'ennemi communiste n'est pas qu'intérieur, et Georges Vidal rend compte de l'impatience d'une partie des officiers et du haut commandement à e...
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