La littérature de l'exil

Gal Beckerman - The Atlantic - 19/01
Les livres d’Hisham Matar s’inscrivent dans une longue tradition d’écriture issue d’un lieu de dislocation.
Ceci est une édition du Books Briefing, le guide hebdomadaire de nos éditeurs sur le meilleur du livre. Inscrivez-vous ici.

L’exil a toujours été un puissant moteur de fiction. Se retrouver déplacé, qu’il soit auto-imposé ou infligé par un État, c’est être simultanément à l’intérieur et à l’extérieur ; vous gagnez une proximité intime avec votre nouvelle société tout en vous en tenant à distance, voyant des choses que les vrais initiés ne peuvent pas voir. N’est-ce pas ce que font aussi les écrivains lorsqu’ils entrent dans l’esprit de leurs personnages ? L’exilée sera toujours au moins légèrement étrangère à sa culture d’adoption. En même temps, sa connaissance de ce nouveau lieu et de ses habitants est immersive ; elle n'est pas une touriste et elle ne pourra jamais vraiment redevenir la personne qu'elle était avant de quitter la maison. Cette dualité est aussi le super pouvoir du romancier, qu’il s’agisse de Vladimir Nabokov ou Chimamanda Ngozi Adichie utilisant leur regard intérieur-extérieur pour décrire l’Amérique dans Lolita ou Americanah, ou de Marjane Satrapi dans Persépolis revenant sur sa jeunesse en Iran. L'écrivain britannique libyen Hisham Matar fait également cela dans son nouveau roman, My Friends. Ben Rhodes a écrit un essai cette semaine sur le livre et sur la manière dont il capture l'entre-deux ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...