Pourquoi Israël prend le cas du génocide au sérieux

David Kaye - The Atlantic - 19/01
Ce qui se passe à La Haye n’est pas du théâtre politique.

L’Afrique du Sud a lancé une bombe sur la communauté internationale en décembre, affirmant devant la Cour internationale de Justice, la plus haute instance judiciaire des Nations Unies, qu’Israël commettait un génocide à Gaza. Il ne fait aucun doute que Pretoria, partisan de longue date de la Palestine et dont les relations diplomatiques avec Israël se détériorent, avait des raisons politiques pour présenter ce que la plupart des Israéliens considèrent comme une affirmation scandaleuse. Mais considérer cette affaire comme un théâtre politique serait une erreur.

Israël n’a pas envoyé une équipe d’avocats du gouvernement pour assurer sa défense à La Haye, ni engagé l’un des principaux membres du barreau de la CIJ, simplement pour des raisons politiques. Au contraire, Israël comprend les enjeux : la décision de la CIJ influencera la façon dont les États, les organisations internationales et le public perçoivent non seulement le conflit à Gaza, mais aussi Israël lui-même et, plus largement, l’obligation des États de prévenir le génocide. L’affaire pourrait même encourager des poursuites judiciaires contre certains Israéliens devant les tribunaux du monde entier.

L’« ordre international fondé sur des règles » que les États-Unis prétendent défendre est un ordre dans lequel les tribunaux internationaux non seulement comptent, mais dispensent une sorte de justice en temps réel, permettant au langage impartial du droit de clarifier les obligations des États de manière à ce que les politiques puissent le faire. Les organes de l’ONU ne le peuvent pas.

Lorsque le procès s'est ouvert la semaine dernière, l'Afrique du Sud n'avait pas besoin de démontrer le génocide par des preuves concluantes, comme elle le fera à un stade ultérieur de la procédure, ni même de prouver de manière définitive que la CIJ était compétente pour connaître de l'affaire en vertu de la loi de 1948. Convention sur le génocide. Au lieu de cela, elle a demandé des « mesures provisoires », une sorte de mesure d’injonction qui s’accompagne de la charge bien moindre de prouver simplement la plausibilité de la réclamation. L'Afrique du Sud voulait que le tribunal estime que le droit international, et pas seulement les votes des États à l'Assemblée générale ou au Conseil de sécurité, exige qu'Israël mette fin à son opération militaire à Gaza.

S’appuyer sur la Convention sur le génocide est intelligent de la part de l’Afrique du Sud. Pour le moment, l’accusation de génocide est plus un véhicule juridique que l’événement principal : en d’autres t...
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