Plus de 300 élus de gauche appellent à manifester contre la loi immigration dimanche

LCI - 19/01
[VIDÉO] - Dans une tribune publiée dans "Libération", des élus dénoncent un texte qui "consacre un recul inédit des protections et des droits garantis aux étrangers dans notre pays". Parmi les signataires figurent la maire de Lille Martine Aubry et le maire de Lyon Gregory Doucet.

Dans une tribune publiée dans "Libération", des élus dénoncent un texte qui "consacre un recul inédit des protections et des droits garantis aux étrangers dans notre pays".
Parmi les signataires figurent la maire de Lille Martine Aubry et le maire de Lyon Gregory Doucet.

La contestation contre la loi immigration se poursuit. Des manifestations contre ce texte sont organisées dans toute la France dimanche 21 janvier. De nombreuses personnalités politiques devraient être présentes dans les cortèges, notamment à Paris, entre Trocadéro et les Invalides à partir de 14 heures. Dans une tribune publiée ce vendredi par Libération, plus de 300 élus locaux de gauche et écologistes appellent en effet à manifester afin de réclamer l'abandon de la loi immigration. Selon eux, ce texte "consacre un recul inédit des protections et des droits garantis aux étrangers dans notre pays". 

"Cette loi bafoue des principes issus de la Révolution française avec la remise en cause du droit du sol", écrivent les signataires, dont les maires de Nantes Johanna Rolland (PS), de Lyon Gregory Doucet (Les Ecologistes), de Lille Martine Aubry (PS), de Grenoble Eric Piolle (Les Écologistes) ou de Montreuil Patrice Bessac (PCF).

La loi adoptée par le Parlement le 19 décembre 2023 "criminalise les personnes sans papiers en rétablissant le délit de séjour irrégulier, mais en plus, elle restreint l’accès aux prestations sociales et au logement pour les étrangers qui séjournent de manière régulière en France", ajoutent-ils. Dénonçant dans ce texte "la victoire culturelle de l'extrême droite sous les dehors aimables du 'en même temps'", les élus considèrent que la mise en œuvre de la réforme conduirait "à appauvrir durablement des dizaines de milliers de familles et d’enfants" et aurait des "conséquences très graves pour nos villes, nos métropoles, nos départements et nos régions".

Des blocages dans des lycées de Paris

Adopté au forceps par le Parlement, le projet de loi immigration restreint notamment le versement des prestations sociales pour les étrangers, instaure des quotas migratoires, remet en question l’automaticité du droit du sol et rétablit un "délit de séjour irrégulier".

Dans une précédente tribune, publiée dans Mediapart et L'Humanité, quelque 200 personnalités – acteurs, écrivains, journalistes ou encore responsables politiques et représentants syndicaux – ont déjà appelé à manifester le 21 janvier contre la promulgation de cette loi immigration.

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À deux jours de ces manifestations, des lycéens et étudiants ont bloqué temporairement ce vendredi matin l'entrée de quelques lycées parisiens, avant qu'une centaine d'entre eux ne défilent dans les rues afin de protester contre la loi immigration. Selon le rectorat de Paris, des blocages filtrants ont eu lieu dans cinq lycées de la capitale : Hélène-Boucher et Maurice-Ravel (XXe arrondissement), Voltaire (XIe), Victor-Hugo et Simone-Weil (IIIe).

La loi immigration est actuellement entre les mains du Conseil constitutionnel qui rendra sa décision jeudi 25 janvier. Certaines mesures parmi les plus polémiques devraient être censurées par des Sages soumis une nouvelle fois à une intense pression politique de tous les bancs. Les Républicains ont par exemple déposé un mémoire auprès du Conseil constitutionnel afin de défendre le texte.

Julien CHABROUT avec AFP

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