Problèmes de confiance : pourquoi le Pakistan et l’Iran s’arment-ils ?

Kiyya Baloch - Dawn - 19/01
L’attaque de l’Iran et la réponse du Pakistan étaient sans précédent, compte tenu de leur ampleur et de leur timing dans le contexte d’une région en crise.

Le 16 janvier, vers 18 heures, une frappe aérienne iranienne a ciblé Sabz Koh, une zone montagneuse isolée du district de Panjgur au Baloutchistan, tuant deux enfants et blessant trois autres civils, en plus d'endommager plusieurs maisons et une mosquée. Parmi les blessés figurent trois filles de Karim Dad, un habitant de Sabz Koh, ainsi que son épouse. Suleiman, le fils de Karim, âgé de 11 mois, et Humaira, sa fille de six ans, ont été tués.

L'agence de presse Tasnim, basée en Iran, a rapporté que l'opération visait deux bases du groupe militant anti-iranien Jaish al-Adl. En réponse aux attaques iraniennes, les forces de sécurité pakistanaises dans la nuit du 17 au 18 janvier « ont entrepris une série de frappes militaires de précision hautement coordonnées et spécifiquement ciblées contre les cachettes des terroristes dans la province iranienne du Siestan-o-Baloutchistan », a déclaré le ministère des Affaires étrangères du pays. Affaires. "Un certain nombre de terroristes ont été tués au cours de cette opération de renseignement, baptisée "Marg Bar Sarmachar",", ajoute le communiqué.

Un jour plus tôt, le Pakistan avait également annoncé sa décision de rappeler son ambassadeur d'Iran dans le cadre d'une démarche diplomatique sans précédent. "Le Pakistan a décidé de rappeler son ambassadeur d'Iran, et l'ambassadeur iranien au Pakistan, actuellement en visite en Iran, pourrait ne pas revenir pour le moment", a déclaré mercredi la porte-parole de FO, Mumtaz Zahra Baloch, lors d'un point de presse à Islamabad.

L'attaque

Sabz Koh [Montagne Verte], une ville frontalière, est la ville natale du mollah Hashim, l'ancien commandant en second de Jaish al-Adl, successeur du groupe extrémiste Jundallah [Soldats de Dieu]. Ce groupe a mené une série d'attaques contre les forces de sécurité iraniennes ces dernières années dans la province du Siestan-o-Baloutchistan, au sud-est du pays. Le mollah Hashim a été tué par les forces de sécurité iraniennes à Sarawan, frontière iranienne, en 2018.

À Sabz Koh, où l’Iran a lancé les frappes aériennes, les habitants ont d’abord soupçonné, en raison du bruit et de l’agitation, que les forces de sécurité pakistanaises menaient peut-être une opération. Ce n’est que plus tard qu’ils ont appris de leurs proches à l’étranger qu’il s’agissait d’une attaque lancée par l’Ira...
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