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Les émissions militaires sont trop importantes pour continuer à les ignorer
Zoë Schlanger - The Atlantic -
17/01
Le monde parle enfin d’eux.
Depuis que les diplomates du monde entier se réunissent pour discuter du ralentissement de la marche du changement climatique, la seule institution qui manque manifestement à l’ordre du jour est l’armée. Cela a été intentionnel : à la demande des États-Unis, la déclaration des émissions militaires a été largement exemptée du Protocole de Kyoto de 1997, le document qui fixait des objectifs d’émissions contraignants pour les pays qui l’avaient signé. L’Accord de Paris de 2015 a annulé l’ancienne exemption mais n’exigeait toujours pas la déclaration des émissions militaires. Les données restent incroyablement inégales. Ce n’est qu’à la fin de l’année dernière, à l’approche de la réunion des Nations Unies sur le climat COP28 à Dubaï, que le lien entre l’armée et le changement climatique a été évoqué dans de brèves mentions dans un rapport clé.
Cela est peut-être dû au fait que, dans certains cas, les militaires eux-mêmes ont commencé à annoncer des programmes visant à « écologiser » leurs opérations. Ou parce que les nations réunies à la COP28 se sont rassemblées sur fond de deux guerres actives. Ou parce que la situation climatique est devenue suffisamment grave pour que le monde ne puisse plus se permettre d’ignorer une source majeure d’émissions. Maintenir une armée est en soi une entreprise très gourmande en énergie, et la guerre, en plus de son bilan humain immédiat, peut rapidement produire des pics encore plus importants de gaz à effet de serre.
Quelle qu’en soit la raison, les émissions militaires font désormais l’objet d’un minimum de discussions. Une ligne du « Global Emissions Gap Report » de 2023 de l’ONU indiquait que les émissions de l’armée sont « probablement non négligeables » mais restent « insuffisamment prises en compte » selon les normes de reporting actuelles. C’était la première fois que la question apparaissait dans un rapport de l’ONU sur les écarts d’émissions, m’a dit Linsey Cottrell de l’Observatoire des conflits et de l’environnement lors de la COP28. Son organisation a tenté d’estimer l’empreinte carbone mondiale de l’armée en utilisant les informations disponibles et a estimé le chiffre à 5,5 %, soit plus que les émiss... [Courte citation de 8% de l'article original]
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