Elle avait 18 ans, nouvelle à New York, un pied-à-terre dans une industrie censée manger ses petits. Mais Beverly Johnson ne manquait pas de cuivres.
Au début des années 1970, elle avait rapidement signé avec la formidable agente de mannequins Eileen Ford – et tout aussi rapidement, à 19 ans, de lui dire : « Je veux faire la couverture du Vogue américain ». Lorsque Mme Ford lui a demandé sèchement : « Pour qui pensez-vous que vous êtes, Cléopâtre ? Mme Johnson a été aussi sèche avec un retour, murmurant de manière assez audible : « C’est exactement ce que je pense être. »
Mme Johnson revisite ce moment dans « In Vogue », son one-woman show qui s'ouvrira dimanche à Manhattan. La pièce, largement dérivée de ses mémoires de 2015, « Beverly Johnson : The Face That Changed It All », et écrite avec le dramaturge Josh Ravetch, est tour à tour un récit optimiste et édifiant des aventures – et des mésaventures poilues – de Mme Johnson dans le commerce de mannequins.
Sur scène, elle raconte avoir défié les attentes et avoir rejoint une agence de mannequins concurrente, malgré les avertissements de ses pairs selon lesquels une telle démarche équivaudrait à la ruine professionnelle.
En six mois, elle avait obtenu son Graal, arrivant en août 1974 en couverture du Vogue américain. Première mannequin noire à obtenir cette distinction, elle s'est révélée aussi fraîche et accessible au grand public que Cheryl Tiegs, Lauren Hutton ou l'une des filles dorées de cette époque.
Son monologue de 75 minutes, prononcé depuis un tabouret de bar sur une scène nue, met en lumière son émergence en tant que mannequin, bien avant que ce concept ne devienne une pierre de touche culturelle. Lorsque, dans ...
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