La généralisation du Service national universel, le serpent de mer d'Emmanuel Macron

LCI - 17/01
[VIDÉO] - Emmanuel Macron a annoncé mardi soir que son gouvernement irait vers "une généralisation du service national universel" en classe de seconde.Un sujet qui fait débat depuis son accession au pouvoir, en 2017.

Emmanuel Macron a annoncé mardi soir que son gouvernement irait vers "une généralisation du service national universel" en classe de seconde.
Un sujet qui fait débat depuis son accession au pouvoir, en 2017.

Obligatoire, ou pas ? Depuis que le candidat Emmanuel Macron a fait la promesse du Service national universel (SNU) lors de la campagne présidentielle 2017, son instauration fait débat. Ce dispositif, né pour éviter un retour pur et simple du service militaire, doit-il être étendu à tous les jeunes ? Mardi, lors de sa conférence de presse, le chef de l'État a ouvert la porte à son obligation. "Nous irons vers une généralisation du service national universel en Seconde", a-t-il annoncé. Retour sur un sujet devenu serpent de mer depuis son arrivée à l'Élysée.

2017 : la promesse d'un service "court" et "obligatoire"

Tout commence en mars 2017. Alors qu'il n'est que candidat, Emmanuel Macron propose dans son programme d'instaurer un  "service national". L'ancien ministre de l'Économie souhaite qu'il soit "de durée courte, universel" et... "obligatoire". D'une durée d'un mois, il doit alors s'adresser "aux jeunes femmes et hommes aptes de toute une classe d'âge, soit environ 600.000 jeunes par an". Dans ce projet, le SNU est alors "encadré par les armées et la gendarmerie nationale", afin d'offrir "une expérience directe de la vie militaire, de ses savoir-faire et de ses exigences".

2018 : le service rallongé et recentré sur un engagement civique

Après son élection, Emmanuel Macron modifie les contours du SNU. En février 2018, il affirme devant la presse présidentielle que ce service national universel sera toujours "obligatoire", mais qu'il durera finalement "autour du trimestre", voire de "3 à 6 mois". Le chef de l'État démilitarise son projet, en le recentrant finalement sur un engagement plus civique que militaire.

Selon une source proche du dossier à l'AFP, le SNU doit alors comprendre "trois temps distincts" : "un enseignement de défense renforcé en milieu scolaire" (collège/lycée), un "tronc commun" d'un mois rassemblant des jeunes d'une même classe d'âge et un "engagement" de type service civique ou réserve militaire.

2019 : le temps de l'expérimentation

En octobre 2018, Emmanuel Macron nomme un secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale, chargé de piloter ce projet. Il s'agit d'un certain... Gabriel Attal. Quelques mois plus tard, le gouvernement lance une campagne de recrutement de jeunes volontaires pour expérimenter le dispositif. Tous les jeunes âgés de 15 à 16 ans qui ont achevé leur classe de troisième peuvent postuler dans les départements concernés.

Au total, entre 2000 et 3000 jeunes vont suivre la première partie du dispositif, un "séjour de cohésion". Hors de leur département d'origine, les volontaires pratiquent diverses activités, notamment sportives, culturelles ou en lien avec la défense (courses d'orientation, visites de musées ou de monuments, jeux de stratégie...). La deuxième phase, elle, consiste à participer à une mission d'intérêt général, dans une association ou une collectivité locale, pendant 84 heures. Dans ce projet, le caractère universel et obligatoire demeure. Le gouvernement vise alors la généralisation du SNU à l'ensemble des Françaises et Français âgés de 16 ans au cours du quinquennat suivant.

2020 : une généralisation fixée à 2024

Fort de sa première expérimentation, le gouvernement lance en 2020 une deuxième phase expérimentale. Quelque 30.000 jeunes volontaires doivent réaliser, en juin 2020, le SNU. Et la généralisation du dispositif avance. "La généralisation était envisagée initialement pour 2026, mais nous espérons être en mesure d'anticiper cette date de deux ans", affirme alors Gabriel Attal dans les colonnes de Ouest-France.

Objectif 2024, et un coût qui se précise. Le projet est estimé, lorsqu'il sera pleinement opérationnel, entre "1 et 1,5 milliard par an", précise le futur Premier ministre. "Soit 1 à 1,5 % du budget annuel dédié à la jeunesse." Mais la deuxième année d'expérimentation est bousculée par la crise du Covid-19. Plusieurs "séjours de cohésion" sont annulés en raison de la pandémie. Au final, seuls 5000 volontaires y prennent part. Ce sera trois fois plus en 2021.

2022 : la généralisation, retour à la case promesse

En 2022, Emmanuel Macron repart en campagne pour sa réélection. La généralisation du SNU fait toujours partie de ses objectifs. Le candidat souhaite "déployer le service national universel", écrit-il alors dans son programme de campagne. Il promet de financer le permis de conduire à "ceux qui s'y engagent pleinement".

Une fois réélu, il en appelle aux armées. "Je vous demande de faire davantage en investissant plus et mieux le grand projet de SNU que je porte", déclare le chef de l'État en juillet 2022, devant les armées. "Il ne s'agit pas de militariser la jeunesse, encore moins la société, mais au moment où la nation a besoin de retrouver le sel de son histoire, son sens profond [...], la République a besoin que vous fassiez davantage." Cette année-là, 32.000 jeunes volontaires y participent.

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