En octobre 2023, Bas Devos dévoilait Here*** au 50e Festival du film de Gand, quelques mois après avoir obtenu le prix du meilleur film et le prix Fipresci de la presse internationale dans la section “Rencontres” du 73e Festival du film de Berlin, en février. Rien d’étonnant. Le jeune cinéaste flamand basé à Bruxelles signe en effet un grand film, son meilleur, moins sombre et désespéré que ses précédents essais : Violet en 2014, Hellhole en 2019 et Ghost Tropic en 2020.
Pourtant, Bas Devos reste fidèle à sa ligne de conduite : filmer sa ville, ses habitants, en mettant en lumière celles et ceux que l’on croise souvent sans les voir : immigrés, expatriés… Dans Here, il met ainsi en scène Stefan, un ouvrier roumain sur le point de regagner son pays, sans savoir s’il reviendra à Bruxelles. Lequel croise la route de Shuxiu, une doctorante sino-belge spécialisée dans l’étude des mousses. La possibilité d’une rencontre…
Comment avez-vous imaginé le personnage de Stefan ?
Cela a commencé avec Stefan (Gota), qui tient le rôle principal et qui est un ami à moi. Le film n’est pas le reflet de sa propre histoire. C’est un metteur en scène de théâtre. Il aime jouer, mais il n’est pas vraiment comédien. Il avait déjà un petit rôle dans Ghost Tropic. Depuis, je savais que je voulais retravailler avec lui. On a commencé à dialoguer. Je trouvais très intéressante cette idée de la migration de travail. Il s’agit d’un déplacement de population massif en Europe, de gens qui viennent travailler ici. Mais on n’en connaît pas grand-chose. Pourtant, il y a quand même 43 000 Roumains à Bruxelles. C’est le groupe qui vit et grandit le plus vite. Je ne savais rien de tout cela ; cela m’intrigua...
[Courte citation de 8% de l'article original]