"Une semaine aux allures d'hiver." C'est Météo-France qui le dit sur son site Internet, comme pour dire : "Circulez, il n'y a rien à voir." Car si beaucoup parlent d'une "vague de froid" qui se serait abattue sur l'Hexagone cette semaine, il n'en est rien. Pour l'institut météorologique, il s'agit seulement d'un "épisode de froid". "Une vague de froid est un épisode durable et étendu de froid, au moins trois jours", expliquent ses experts.
Pour qu’une "vague de froid" soit confirmée, il faut que l’indicateur thermique national - la moyenne des températures relevées dans 30 stations météorologiques de France métropolitaine - réunisse deux critères :
• qu'il passe au moins une fois sous -2°C ;
• qu'il ne remonte pas durablement (plus de deux jours) au-dessus de 0,9°C.
Une combinaison qui ne s'est tout simplement pas produite en ce début d'année 2024.
Aucun record de froid n'a d'ailleurs été battu en France ces derniers jours. "Les températures minimales sont globalement sous les normales de saison, 4 à 6 degrés, sauf en Provence-Alpes-Côte D'Azur et en Corse", précise Météo-France. Mais elles sont restées largement supérieures à celles des hivers rigoureux de janvier 1985 ou de février 2012, quand le mercure avait chuté jusqu'à -20°C en plaine, avec de la neige en abondance dans de nombreuses régions.
"Pour la journée la plus froide [mardi], l'indicateur thermique national est descendu à 0,14°C. Il faut remonter au 17 décembre 2022 pour retrouver une valeur similaire", relève Serge Zaka, spécialiste d'agro-climatologie qui a pris l'habitude de commenter les phénomènes extrêmes sur les réseaux sociaux. "Ces valeurs étaient atteintes sept hivers sur dix avant les années 2000."
Alors, pourquoi cet emballement ? C'est en réalité parce que le mois de décembre a été particulièrement doux que l'arrivée du froid a surpris. Après des températures bien au-dessus des normales de saison pendant la période de Noël, jusqu'à 18°C à Perpignan par exemple, certaines régions ont ainsi perdu une dizaine de degrés en quelques jours.
C'est aussi un peu dû à l'appellation du phénomène météorologique à l'origine de cet épisode de froid : un flux d'air en provenance de Scandinavie et de l'Ouest de la Russie appelé "Paris-Moscou" ; ce qui joue sans nul doute sur le terrain du ressenti.
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Vague ou épisode de froid, douceur anormale... et le changement climatique dans tout ça ? Météo-France rappelle que "des vagues de froid sont encore possibles, alors même que le climat se réchauffe à l’échelle de la planète". Et ce, bien qu'elles soient bel et bien devenues "plus rares, moins longues et moins intenses au cours des 35 dernières années que sur la période précédente".
Selon l'institut, les quatre vagues de froid les plus sévères en France ont été observées il y a plus de trente ans : février 1956, janvier 1963, janvier 1985 et janvier 1987.
Qu'on ne s'y trompe pas, l'année 2023 est la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, selon les données publiées mardi par le programme européen Copernicus. Avec un chiffre marquant : du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre dernier, chaque jour a été d'au moins 1°C plus chaud que la moyenne de l'époque pré-industrielle. Du jamais-vu.
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