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Contre les perversions de l’amour
6 janvier 2024 Le Devoir de... - Le Devoir -
06/01
Dès que l’être humain prend conscience de sa solitude, il idolâtre l’amour comme bonheur suprême.
Dans la rubrique Le Devoir de philo, nous publionsannuellement une version abrégée du texte gagnant du concours Philosopher, qui se tient dans le réseau collégial. Pour l’édition de 2023,la question était « À quoi l’amour engage-t-il ? ».
Pas besoin de gril : l’enfer, c’est les Autres » disait Garcin dans Huis clos. À l’image de cette citation, la culture populaire réitère constamment son ressentiment envers l’amour et ses « mensonges ».
Aujourd’hui, le rêve de l’union parfaite que nous enseignent les contes pour enfants s’écrase devant des statistiques portant sur le divorce ou le constat que Tinder mène souvent à des rencontres inconséquentes.
Le trouble de la désillusion face à l’amour existe depuis des siècles, tout comme son remède. Ce que je qualifie de trouble, c’est le constat que l’union parfaite entre corps et esprit que l’amour désire est en contradiction avec ce à quoi il engage, nous poussant alors vers deux définitions pratiques divergentes. L’échec à s’émanciper de ce qu’il représente dans son idéal donne lieu à une conception immature de l’amour : la fusion forcée.
Cette forme pervertie de la relation est ce qu’Erich Fromm qualifie d’union symbiotique masochiste ou sadique. À l’instar de Fromm, je considère que celle-ci doit être surmontée à l’aide d’une deuxième concep... [Courte citation de 8% de l'article original]
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