Tensions en Corée : 5 choses à savoir sur le plus vieux conflit de l’après-guerre

LCI - 05/01
[VIDÉO] - La Corée du Nord a tiré plus de 200 obus en mer jaune, vendredi, près d'îles sud-coréennes.Il s'agit de l'escalade militaire la plus sérieuse sur la péninsule depuis 2010, alors que les relations sont au plus bas entre les deux pays.Voici cinq choses à savoir sur ce conflit, dont le statu quo dure depuis 1953.

La Corée du Nord a tiré plus de 200 obus en mer jaune, vendredi, près d'îles sud-coréennes.
Il s'agit de l'escalade militaire la plus sérieuse sur la péninsule depuis 2010, alors que les relations sont au plus bas entre les deux pays.
Voici cinq choses à savoir sur ce conflit, dont le statu quo dure depuis 1953.

Kim Jong Un veut "anéantir" la Corée du Sud et semble vouloir mettre ses plans à exécution. Vendredi 5 janvier, la plus sérieuse escalade militaire depuis 2010 a été observée dans la péninsule. La Corée du Nord a tiré des centaines d'obus près d'îles sud-coréennes. De quoi raviver les craintes d'embrasement, alors que le statu quo autour de ce conflit dure depuis la fin de la guerre de Corée, en 1953. Si les deux pays ont été reconnus comme deux entités à part entière, les deux Corées sont toujours officiellement en guerre.

Premier conflit de la Guerre froide

Le conflit entre la Corée du Nord et la Corée du Sud est le premier conflit à éclater après la Seconde Guerre mondiale. En 1945, les Soviétiques occupent le nord de la Corée jusqu'au niveau du 38e parallèle, tandis que les Américains sont installés au sud. Des deux côtés, des gouvernements coréens sont instaurés, chacun s'estimant plus légitime que l'autre. C'est cette situation qui mène à la guerre. 

En 1950, les troupes nord-coréennes envahissent le sud, déclenchant des combats qui ne s'achèveront que trois ans plus tard. Durant ce conflit auquel les forces armées américaines prennent part aux côtés de la Corée du Sud, l'escalade fait craindre un embrasement de la région. C'est pourquoi un statu quo est obtenu en 1953, menant à une reconnaissance respective des deux Corées par les États-Unis et l'URSS. Depuis, la péninsule est divisée en deux, sans qu'une réunification pacifique n'ait pu avoir lieu.

Un même bannière aux JO de 2018

Si le statu quo entre les deux Corées demeure le même depuis la fin de la guerre, la relation entre les deux pays a pu évoluer, alternant entre périodes de dialogue et regains de tensions. En 1991 par exemple, un pacte de réconciliation, de non-agression et de coopération entre les deux Corées est signé, suivi d'un accord de dénucléarisation de la péninsule en 1992. Aux Jeux olympiques d'hiver de 2018, organisés à PyongChang en Corée du Sud, les deux pays ont défilé sous une bannière commune lors de la cérémonie d'ouverture. À cette occasion, la sœur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo-jong, était même présente, faisant d'elle le premier membre de la dynastie nord-coréenne des Kim à se rendre en Corée du Sud depuis la fin de la guerre de Corée.

En avril de la même année, un processus de rapprochement est mené, caractérisé par trois rencontres entre Kim Jong-un et le président sud-coréen de l'époque, Moon Jae-in. Mais ces entrevues ne permettront pas de rétablir la situation et les relations diplomatiques entre les deux pays vont de nouveau se détériorer quelques mois plus tard. Si bien qu'aujourd'hui, les relations entre les deux Corées sont au plus bas. En 2023, la Corée du Nord a procédé à un nombre record d'essais de missiles balistiques, en violation de résolutions de l'ONU le lui interdisant. En fin d'année, Kim Jong-un a par ailleurs affirmé ne plus rechercher la réconciliation et la réunification avec son voisin, justifiant sa position par la "situation de crise persistante et incontrôlable" qui aurait été déclenchée par Séoul et Washington.

Deux pays, deux régimes

Tandis qu'en Corée du sud, c'est une démocratie qui est en place, dirigée par le président Yoon Suk-yeol depuis 2022, la Corée du Nord se distingue par sa dynastie, officiellement appelée lignée du mont Paektu. Elle est introduite par le premier "dirigeant suprême", Kim Il-sung, en 1948. Celui-ci est propulsé à la tête du gouvernement provisoire instauré en Corée du Nord, puis du pays, à la fin de la guerre en 1953 et ce, jusqu'à sa mort, en 1994. Il développe alors un culte de la personnalité autour de sa personne, qui se transmet par la suite à son fils, Kim Jong-il, qui prend le pouvoir à la mort de son père.

Kim Jong-il meurt, lui, en 2011. C'est son troisième et plus jeune fils qui lui succède, Kim Jong-un. Il est l'actuel dirigeant de la Corée du Nord. Le culte autour de sa personne, comme du reste de sa famille, et notamment de sa fille, Ju Ae, s'est également perpétué. La présentation de la jeune fille dans les médias d'état nord-coréens laisse penser qu'elle pourrait être celle qui prendra la suite de son père.

Quelle puissance militaire ?

Le tir de centaines d'obus de la part de la Corée du Nord ce vendredi 5 janvier montre l'ampleur de l'arsenal développé par le pays et son dirigeant, Kim Jong-un. Selon un rapport américain de la Defense Intelligence Agency publié en 2021, Pyongyang possède l'une des plus importantes forces militaires conventionnelles au monde avec plus de 1,2 million de soldats actifs et plus de 500.000 réservistes. Si les équipements sont jugés vieillissants, le pays continue de développer sa puissance nucléaire et de moderniser son armement. Depuis son premier test at...
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