Un nouvel "acte de provocation" de Kim Jong-un. Au terme de la grand-messe de fin d'année du Parti des travailleurs, le leader nord-coréen avait ordonné l'accélération des préparatifs militaires en vue d'une "possible" guerre qui pouvait "être déclenchée à tout moment" sur la péninsule. Quelques jours plus tard, son armée a tiré "plus de 200" obus d'artillerie "entre 9h et 11h (1h et 3h du matin, heure française) dans les zones de Jangsan-got dans le nord de l'île de Baengnyeong et dans le nord (...) de l'île de Yeonpyeong", a annoncé, vendredi 5 janvier, un responsable du ministère sud-coréen de la Défense.
Face à la menace de Pyongyang, Séoul a ordonné l'évacuation des habitants des deux îles, situées en mer Jaune, au large de la côte ouest de la Corée du Nord. Les autorités de Yeonpyeong ont indiqué que l'ordre avait été émis à titre de "mesure préventive". "Nous faisons des annonces d'évacuation en ce moment", a confirmé pour sa part un responsable de district de l'île de Baengnyeong, évoquant la conduite à venir d'un exercice naval par l'armée sud-coréenne.
Dans la foulée du barrage d'artillerie matinal de Pyongyang, la Corée du Sud a haussé le ton, dénonçant un "acte de provocation" de la part de son voisin du Nord, le pressant d'y mettre un terme et prévenant qu'il répondra par des mesures "appropriées" à cette agression. "Nous avertissons sévèrement que la Corée du Nord porte l'entière responsabilité de cette escalade de la crise et nous l'exhortons à cesser immédiatement ces actions", a lancé le ministère sud-coréen de la Défense dans un communiqué. "Notre armée suit et surveille de près la situation en étroite coordination avec les États-Unis", a-t-il prévenu. Le ministère a précisé que les tirs n'ont fait ni victime ni dégâts, les obus étant tombés au nord de la frontière maritime de facto, dénommée "Ligne de limite du nord" (NLL).
Dans la foulée, la Chine a appelé "toutes les parties au calme et à la retenue". La diplomatie chinoise espère que les deux voisins "s'abstiendront de prendre des mesures qui aggravent les tensions (et) qu'elles éviteront une nouvelle escalade".
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Quelques heures plus tôt, Kim Jong-un a appelé à accroître la production de lanceurs de missiles, a rapporté l'agence d'État KCNA. Lors d'une visite dans une usine de systèmes de lancements de missiles balistiques, où il a été photographié aux côtés de sa fille, Kim Ju-ae, le dictateur nord-coréen a insisté sur la "gravité de la situation actuelle". Il a rappelé la nécessité pour la Corée du Nord d'être "fermement préparée à une confrontation militaire avec l'ennemi".
Pyongyang et Séoul ont entamé, en 2018, un processus de rapprochement, caractérisé par trois rencontres entre Kim Jong-un et le président sud-coréen de l'époque, Moon Jae-in. Mais les relations entre les deux Corées se sont détériorées jusqu'à atteindre un point bas, il y a quelques semaines, après le lancement d'un satellite espion par Pyongyang, qui a poussé Séoul à suspendre partiellement un accord militaire de 2018 visant à désamorcer les tensions entre les deux voisins.
En 2023, la Corée du Nord a procédé à un nombre record d'essais de missiles balistiques, en violation de nombreuses résolutions de l'ONU le lui interdisant. Le pays a aussi gravé dans sa Constitution son statut de puissance nucléaire, et a testé avec succès le Hwasong-18, le missile balistique intercontinental (ICBM) le plus puissant de son arsenal, capable d'atteindre les côtes des États-Unis. En fin d'année, Kim Jong-un a affirmé ne plus rechercher la réconciliation et la réunification, soulignant la "situation de crise persistante et incontrôlable" qui, selon lui, a été déclenchée par Séoul et Washington.
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