Les statues de la discorde : tour du monde des statues vandalisées ou détruites

Atlantico - 07/08
Jacqueline Lalouette a publié Les Statues de la discorde aux éditions Passés / Composés. Le 22 mai 2020, deux statues martiniquaises de Victor Schoelcher furent brisées. Le bruit provoqué par ces destructions fut vite couvert par le fracas médiatique suscité par la mort de George Floyd tué à Minneapolis, par la police, le 25 mai. Les images de son agonie déchaînèrent dans le monde des actes iconoclastes contre les statues glorifiant de « grands hommes ». Extrait 1/2.

Après la mort de George Floyd, les attaques contre les statues commencèrent aux États-Unis à partir du 31 mai. En Europe, les premiers pays touchés furent la Belgique et le Royaume-Uni durant les premiers jours de juin. Puis le mouvement fit tache d’huile, gagna d’autres pays et d’autres continents. Les actions les plus nombreuses se produisirent en juin et juillet, mais le mouvement connut quelques sursauts durant l’automne.

L’Amérique du Nord

Après le  25 mai 2020, jour de la mort de George Floyd, la colère des militants antiracistes se tourna contre tous les monuments pouvant évoquer l’esclavage et les thèses suprémacistes, à commencer par les statues des généraux confédérés. La première statue visée fut celle de Charles Linn, du sculpteur Branko Medenica, élevée à Birmingham (Alabama) en 2013, qui fut renversée le 31 mai par des manifestants ; ce Suédois avait émigré aux États-Unis en 1838, y avait fait fortune et avait été officier dans la Marine confédérée. Suivirent bien d’autres effigies, par exemple, le 6 juin, la statue en pied du général Williams Carter Wickham, sculptée par Edward V.  Valentine et érigée dans le parc Monroe de Richmond (Virginie) en 1891 ; souillée de peinture rouge, elle fut abattue, et un manifestant aurait ensuite uriné dessus ; le piédestal reçut les inscriptions Fuck et BLM. D’autres furent descendues de leur piédestal à l’initiative des autorités. Le 4 juin, le gouverneur de la Virginie prit la décision de retirer la statue équestre du général Lee, inaugurée à Richmond en 1890, œuvre du sculpteur français Antonin Mercié, décision qui aurait été bloquée par un juge. Le 8  juin, le piédestal monumental de cette statue, couvert d’inscriptions (Fuck, Black Lives Matter, ACAB [All cops are bastards]), servit à la projection lumineuse du visage de George Floyd. À Mobile (Alabama), la statue en pied de Raphael Semmes – ancien corsaire naviguant pour les États du Sud avant d’être promu amiral, puis de devenir brièvement général de brigade – fut déboulonnée le 5 juin, sur décision du maire.

À l’instar de ce qui s’était passé en 2015 et 2017, les...
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