Sens de l’orientation : sommes-nous tous capables de retrouver notre chemin ?

LCI - 04/01
[VIDÉO] - Pour s’orienter, les hommes seraient plus doués que les femmes, à en croire l’un des clichés sexistes les plus connus. Pourtant, le sens de l’orientation n’a rien à voir avec le sexe de la personne, mais avec ses expériences antérieures. À condition de ne pas être sujet au trouble de désorientation topographique, tout le monde peut se repérer facilement.

Pour s’orienter, les hommes seraient plus doués que les femmes, à en croire l’un des clichés sexistes les plus connus.
Pourtant, le sens de l’orientation n’a rien à voir avec le sexe de la personne, mais avec ses expériences antérieures.
À condition de ne pas être sujet au trouble de désorientation topographique, tout le monde peut se repérer facilement.

Un homme sur trois et une femme sur cinq pensent que les hommes ont naturellement plus le sens de l’orientation que la gente féminine. C’est ce que révèle le sondage "Baromètre Sexisme" mené en 2023 par l’Institut Viavoice pour le Haut Conseil à l’Égalité. Or, le risque de se perdre concerne les deux sexes sans distinction.  

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D’où vient le sens de l’orientation ?

Le sens de l’orientation repose essentiellement sur l’intégration du chemin et le traitement de plusieurs informations. Le cerveau doit intégrer des données comme le mouvement des jambes pendant la marche et les repères visuels (ex. : passage devant un square). 

Ces informations s’adressent aux neurones liés à l’hippocampe et spécialisées dans la localisation : les cellules de lieu, de direction et de grille. En se fiant à ces éléments, le cerveau établit un calcul dont le résultat détermine le moyen de retrouver sa route. 

Une question d’apprentissage

En tant que mécanisme inné, l’intégration du chemin reste à la portée de tous. En revanche, l’apprentissage permet de mieux se repérer. Publiée dans la revue scientifique Nature en 2022, l’étude menée sur 400 000 personnes issues de 38 pays montre que l’environnement joue un rôle important. 

Certaines données influencent le sens de l’orientation. Les personnes qui ont grandi à la campagne ou dans une ville bien quadrillée comme New York ou Chicago possèdent un meilleur sens de l’orientation que celles ayant passé leur enfance dans une grande ville complexe. 

Neurobiologiste à l’Institut Pasteur, Catherine Vidal enfonce le clou sur le site Sciences et Avenir : "Ce sont nos expériences vécues qui expliquent très probablement notre aptitude à s’orienter ". 

Le trouble de désorientation topographique

Toutefois, des personnes ne parviennent pas à se repérer malgré un environnement favorable. La notion de « trouble de désorientation topographique » apparaît officiellement pour la première fois en 2009 dans la revue scientifique Neuropsychologia. Le professeur agrégé en neuroscience cognitive Giuseppe Iaria y décrit précisément son cas dans lequel se retrouve une centaine de lecteurs. 

Ce phénomène n’a rien à voir avec le manque d’attention. Déboussolées, certaines personnes se révèlent incapables de se repérer dans leur propre quartier. Un déplacement ordinaire se transforme en excursion labyrinthique. 

Ceux qui souffrent de ce trouble sont dans l’incapacité à construire une carte mentale de leur environnement. Ils peuvent suivre un itinéraire morcelé mais celui-ci ne s’inscrit pas dans une compréhension spatiale plus large. 

Emilie CARTIER pour TF1 INFO

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