Les élections européennes, un scrutin dévoyé en France

Nicolas-Jean Brehon - Slate FR - 04/01
[TRIBUNE] Entre les électeurs, les partis politiques et les élus, tous les acteurs français du scrutin continental, dont le prochain se tiendra en juin 2024, semblent se désintéresser de l'essentiel: l'Europe.

Le 9 juin 2024, les Français vont élire leurs représentants au Parlement européen (PE). Traité après traité, les pouvoirs du PE, et donc les responsabilités des eurodéputés, se sont accrus. Les textes européens sont adoptés conjointement avec le Conseil européen (les chefs d'État et de gouvernement) dans la grande majorité des cas.

Pourtant, les élections européennes restent une procédure désincarnée pour élire des membres d'une institution que les Français ne connaissent pas en y envoyant des élus qu'ils connaissent encore moins. Pire même, par certains côtés, les élections au Parlement européen montrent les limites de la démocratie parlementaire. Cette désaffection met en jeu trois groupes d'acteurs: les électeurs, les partis et les élus.

L'indifférence des électeurs

Au départ, il y a l'indifférence. «Mettez le mot Europe dans un titre, tout le monde fuit», disait un éditeur. La dérobade se poursuit devant l'isoloir. Lorsqu'il s'agit d'aller voter, l'électeur reste chez lui. Près de 50% d'abstention en 2019. Certes, l'abstention n'est propre ni aux scrutins européens ni à la France. Le décalage avec la participation aux scrutins nationaux majeurs est général en Europe.

Plusieurs facteurs participent à ce repli. Le plus évident est que l'Europe n'intéresse pas les Français. Le manque d'adhésion à la construction européenne telle qu'elle se déroule ne peut être écarté. Le futur élargissement de l'Union européenne (UE) qui semble aller de soi à Bruxelles a-...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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