Il est bien douloureux de voir tant de chrétiens s’ennuyer plus ou moins profondément dans leur vie chrétienne ou ne voir aucun intérêt à pratiquer leur foi. Il est tout aussi douloureux d’avoir parfois cette impression d’ennui dans notre propre vie de foi. J’ai beaucoup de peine en voyant peu à peu s’éloigner ou décrocher des jeunes qui ont pourtant, pour certains, tant reçu. Je ne juge personne, mais je me demande souvent : « Que n’avons-nous pas réussi à transmettre? » J’ai l’impression que beaucoup sont restés en surface de cette foi chrétienne. Devenus adultes, ils gardent un souvenir, un lien culturel. Ils ont acquis un regard finalement assez utilitariste sur la foi – c’est un risque qui nous guette tous, même si nous continuons de pratiquer –, puisqu’ils y voient surtout une morale, c’est-à-dire des valeurs qui peuvent inspirer leur action : « On a besoin de repères », disent-ils.
Beaucoup de Français d’ailleurs se reconnaissent volontiers dans ces « valeurs chrétiennes » et veulent les transmettre à leurs enfants. Ils les inscrivent au catéchisme ou les font baptiser dans ce but. Mais bien peu sont hélas demandeurs d’aller au-delà. Ceux qui ont tout reçu plus jeunes pensent parfois suffisant de simplement garder de cet héritage chrétien ces « valeurs », en laissant de côté tout le reste – rites, doctrine, sacrements – qui leur semble plus compliqué et finalement moins utile. La tentation de se faire sa religion « à la carte » est grande. On prend ce qui nous rejoint, « ce qui nous parle ». Là aussi, comme dans bien d’autres domaines, la sincérité remplace la vérité. Tel enseignement de l’Église ou tel rite ne nous parle pas? On le laisse de côté. Mais de qui viennent ces enseignements? Qui a voulu les sacrements?...
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