Des larcins qui pèsent lourd dans le budget des hôtels. Serge Cachan, président d'Astotel à la tête de 17 établissements trois et quatre étoiles à Paris, a pu constater de nombreux vols dans ses établissements. Parmi les objets subtilisés figurent notamment des produits de beauté, des serviettes, des draps et parfois même des produits bien plus surprenants, comme... des brosses WC.
Ces vols coûtent jusqu'à 10.000 euros par an à Serge Cachan. Alors, pour faire baisser la facture, l'hôtelier a dû trouver des parades. Pour se prémunir contre les vols des œuvres qui ornent les murs de ses chambres, il a par exemple opté pour des "fixations qui font qu'on ne peut pas bouger le tableau sauf à l'arracher". Comme on peut le voir dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article, Serge Cachan a également choisi d'installer un système de cintres sans tête pour ne plus se les faire dérober et de ne plus imprimer le nom de l'établissement sur les peignoirs.
Aucun établissement, qu'il soit un palace ou un hôtel plus accessible, n'est épargné par les vols. Certains pilleurs s'en vantent même sur les réseaux sociaux. Selon une étude réalisée par Hotels.com de janvier à février 2023 et publiée en octobre de cette même année, 38% des Français interrogés ont admis avoir déjà dérobé des produits de beauté et soins du spa de l’hôtel.
Ils étaient également 15% à avoir emporté dans leur valise du linge de lit (draps, couettes et taies d’oreiller) et 13% à avoir glissé des rouleaux de papier toilette dans leurs affaires, tandis que 2% du panel a avoué avoir déjà volé des objets d'art dans leur chambre, comme des tableaux ou des statues. Pire, 8% des Français ont dit prévoir un peu de place dans leur valise pour pouvoir y mettre des objets volés...
Dans l'hôtel Rocky Pop Hôtel, à Chamonix (Haute-Savoie), la décoration originale a longtemps été un problème. Une boîte à mouchoirs en forme de Rubik's Cube a notamment attiré les convoitises à plusieurs reprises au point d'être embarquée dans la valise des clients. Dans un premier temps, la direction a joué l'ironie pour récupérer en tout près de 500 euros d'objets dérobés. "On envoyait un mail qui disait : 'On voit que vous avez apprécié le séjour au Rocky Pop et également notre boîte à mouchoirs. En pièce jointe, veuillez trouver la facture'", raconte Sabrina Blasco Sebaaoui, directrice d'exploitation de l'établissement. Mais ce qui a fait cesser les vols, c'est la mise en vente à 19 euros de la boîte à mouchoirs à la boutique de l'hôtel, devenue leur objet le plus vendu.
Si certains dérobent volontairement les objets présents dans leur chambre, d'autres ne pensent pas forcément à mal. Car certains articles peuvent être récupérés par les clients à leur départ. Le voyageur peut notamment repartir avec le bloc-notes, le savon ou encore les crèmes qu'il a utilisés dans sa chambre d'hôtel. En revanche, il est interdit d'emporter de la décoration, du linge ou encore du shampooing qui n'a pas été entamé.
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Selon les professionnels du secteur, les vols restent malgré tout marginaux. Cependant, voler un peignoir dans un hôtel est un délit et peut être puni de 3 ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende.
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