Le média américain Politico l’a surnommé "Macron’s pal" : le pote de Macron. Pendant six ans et demi, il a été l’un des cinq hommes les plus puissants de la République, bien plus influent que la plupart des ministres, disent ceux qui l’ont côtoyé. Le gardien des secrets d’Etat les plus sensibles et le conseiller occulte du président. Le chef de la diplomatie clandestine et la plaque tournante des conseils de défense à l’Elysée. L’homme des missions cachées au Liban, en Algérie, en Turquie, en Biélorussie… L’ami de William Burns, le directeur de la CIA, et l’attraction du Siècle, le club privé parisien dont il est membre. Le 9 janvier, Bernard Emié quittera son poste de directeur de la DGSE. Viré après avoir été révéré. Il était temps de raconter son histoire, et celle de ses années à la tête d’un service spécial qu’il a métamorphosé.
EPISODE 1 - DGSE, la chute d’un maître espion : Bernard Emié, l’histoire d’une ascension hors normes
Septembre 2019. Yannick Dehée, fondateur de Nouveau Monde Editions, passe les portiques du boulevard Mortier, à Paris, au siège de la DGSE. Il est invité à présenter Enigma. Ou comment les Alliés ont réussi à casser le code nazi, devant la direction technique du service secret. L’ouvrage a été rédigé par Dermot Turing, le neveu du mathématicien britannique qui a le premier réussi à décrypter les chiffrages nazis. "Le directeur !" crie l’appariteur quand Bernard Emié pénètre dans l’amphithéâtre avec l’éditeur. Lorsqu’il découvre les espions informaticiens, Dehée est sidéré : "Des gamins ! Il y avait des gens à peine majeurs, des pulls à capuche, des cheveux longs, des cheveux teints." Loin de l’image du militaire musculeux aux cheveux ras.
A son arrivée à la DGSE, Bernard Emié trouve un service secret en pleine mutation. Et des attentes énormes. "Vous allez monter dans un TGV. La vitesse ne va faire qu’augmenter. On va vous demander d’être omniscient sur toutes les crises du monde", le prévient le général Jean-Pierre Palasset, son directeur de cabinet, le jour de son entrée en fonction, le 26 juin 2017. Les menaces ont évolué depuis le mandat de son prédécesseur, Bernard Bajolet. "Les années Bajolet ont été marquées par Daech, les attentats. La période de Bernard Emié est plus fine, caractérisée par une accélération et une multiplication des crises", décrit le général Palasset auprès de L’Express.
A Mortier, Bernard Emié retrouve son cher ...
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