Il est l'auteur de quelques-unes des plus célèbres phrases en politique : « Notre route est droite, mais la pente est forte » ou encore le cultissime « The yes needs the no to win against the no » prononcé lors de la campagne du référendum européen en 2005. Jean-Pierre Raffarin ne serait pas tout à fait complet sans ces fameuses « raffarinades », sympathiques envolées devenues, par la grâce des médias, des antiennes de l'Ancien Monde. Une époque où des politiques madrés fleuraient bon la province, serraient encore les mains de leurs administrés et savaient distinguer leur droite de leur gauche.
Mais c'est à un jeu moins innocent – plus subtil – que se livre aujourd'hui l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac : celui de la diplomatie avec l'empire du Milieu. Pour Le Point, ce maître ès politique, plusieurs fois sénateurs, ministre, un temps président du conseil régional de Poitou-Charentes, livre une analyse circonstanciée de l'état des relations internationales à l'heure du Covid-19. Sans oublier, à près d'un an de l'élection présidentielle, de passer en revue la classe politique française. Son pronostic pour contrer un match annoncé ? Si la droite veut gagner, elle doit jouer au centre.
Le Point : On parle beaucoup d'un duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. À droite, il y a pléthore de prétendants, de Xavier Bertrand à Valérie Pécresse, mais pas de figure qui s'impose. Peut-on imaginer une élection présidentielle sans candidat de la droite républicaine ?
Jean Pierre Raffarin, sénateur © Romain GAILLARD/REA POUR « LE POINT »Jean-Pierre Raffarin : Non. En fait, il y a deux droites républicaines, ce que René Rémond appelait la droite orléaniste et la droite bonapartiste, les deux courants historiques de la droite. Ils étaient autrefois incarnés par le RPR et l'UDF. Pour gagner, la droite ne doit pas être fracturée. Aujourd'hui, sa vraie question est « comment sortir de cette impasse ? » Les Républicains auront du mal à gagner dans une configuration aussi éclatée. Une partie de la droite, celle des initiatives, des PME, la droite entrepreneuriale, est plutôt du côté d'Emmanuel Macron. Et il y a une autre droite : la droite populaire, qui reste plutôt fidèle à notre camp. Que va devenir cette ...