L’économie indienne est en plein essor. Les cours des actions explosent et comptent parmi les plus performants au monde. Les investissements du gouvernement dans les aéroports, les ponts et les routes, ainsi que dans les infrastructures d’énergie propre, sont visibles presque partout. La production totale de l’Inde, ou produit intérieur brut, devrait augmenter de 6 % cette année, soit plus vite que celle des États-Unis ou de la Chine.
Mais il y a un problème : les investissements des entreprises indiennes ne suivent pas le rythme. L’argent que les entreprises investissent dans l’avenir de leurs activités, pour des choses comme de nouvelles machines et usines, stagne. En tant que fraction de l’économie indienne, elle est en déclin. Et tandis que l’argent afflue vers les marchés boursiers indiens, les investissements à long terme en provenance de l’étranger sont en baisse.
Les voyants vert et rouge clignotent en même temps. Bientôt, le gouvernement devra réduire ses dépenses extraordinaires, ce qui pourrait peser sur l’économie si l’argent du secteur privé ne reprend pas.
Personne ne s’attend à ce que l’Inde cesse de croître, mais une croissance de 6 % ne suffit pas à répondre à ses ambitions. Sa population, aujourd’hui la plus nombreuse au monde, ne cesse de croître. Son gouvernement s'est fixé pour objectif national de rattraper la Chine et de devenir une nation développée d'ici 2047. Ce type de progrès nécessitera une croissance soutenue, proche de 8 ou 9 % par an, estiment la plupart des économistes.
Remarque : total sur 12 mois glissants
Source : Banque de réserve de l'Inde
Par le New York Times
L’investissement manquant pourrait également constituer un défi pour Narendra Modi, Premier ministre depuis 2014, qui s’est attaché à faire de l’Inde un endroit plus facile pour les entreprises étrangères et indiennes.
M. Modi est en campagne, face aux élections du printemps et mobilisant la nation pour applaudir ses succès. La faiblesse des investissements n’est pas un sujet dont les dirigeants, les banquiers ou les diplomates étrangers aiment discuter, de peur de passer pour des opposants. Mais les investisseurs jouent la prudence alors que l’économie signale à la fois ses forces et ses faiblesses.
Un point largement partagé est que l’Inde devrait bénéficier du ralentissement de la Chine, alimenté par une crise immobilière en cours. Les tensions géopolitiques entre la Chine et l’Occident offrent une autre ouverture à l’Inde, en incitant les entreprises étrangères à déplace...
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