Vers la fin d’un chapitre sur un film de Bertrand Tavernier se déroulant juste après la Première Guerre mondiale, David Thomson écrit : « Je doute qu’il existe un film anti-guerre. » Dans son contexte, cela semble à peine plus qu’une observation passagère, mais en fait cette pensée est fondamentale pour le projet de Thomson. Car ce sur quoi l’éminent critique de cinéma britannique écrit assez longuement et dans une prose convaincante et souvent d’une beauté limpide, c’est la guerre elle-même et notre relation ambiguë avec elle, ou du moins avec sa représentation dans des images en mouvement – en mouvement dans plus d’un sens.
Mais sommes-nous émus de chagrin et de pitié, assis dans un cinéma sombre, le visage levé avec ravissement vers la lumière de la bataille vacillant sur l’écran ? Sur les photos, tout le monde a 11 ans, et les enfants de 11 ans se glorifient du chaos qui règne là-haut, et plus il y a de sang et de corps mutilés, mieux c'est. Oh mon Dieu, l'adulte consterné e...
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