Avion immobilisé dans la Marne : la police indienne enquête sur un trafic de migrants

LCI - 29/12
[VIDÉO] - La police indienne a déclaré s'efforcer de retrouver les chefs d'un réseau de passeurs, découvert lors de l'immobilisation à Vatry d'un avion à destination du Nicaragua. L'Inde dispose déjà de plusieurs éléments sur les 303 passagers. Les enquêteurs tentent de déterminer l'ampleur du réseau et l'implication éventuelle d'agents officiels.

La police indienne a déclaré s'efforcer de retrouver les chefs d'un réseau de passeurs, découvert lors de l'immobilisation à Vatry d'un avion à destination du Nicaragua.
L'Inde dispose déjà de plusieurs éléments sur les 303 passagers.
Les enquêteurs tentent de déterminer l'ampleur du réseau et l'implication éventuelle d'agents officiels.

L’affaire de la récente immobilisation par les autorités françaises d'un avion convoyant 303 passagers indiens à destination du Nicaragua pourrait rebondir en Inde. Ce vendredi, la police indienne a déclaré s'efforcer de retrouver les chefs d'un réseau de passeurs, découvert à cette occasion. Elle a dès à présent livré quelques nouveaux éléments.

Venant des Émirats arabes unis, l'Airbus A340 avait été immobilisé par la police française la semaine dernière à l'aéroport de Vatry, dans la Marne, lors d'une escale pour faire le plein de carburant, après un signalement anonyme indiquant qu'il transportait des victimes potentielles de traite d'êtres humains.

L'avion a redécollé lundi 25 décembre de France vers Bombay après la levée de la saisie, avec 276 de ses passagers. Ces derniers avaient payé entre "4 et 12 million de roupies" (entre 43.500 et 130.500 euros) à des passeurs pour les aider à atteindre la frontière sud des États-Unis depuis l'Amérique du Sud, a déclaré à l'AFP Sanjay Kharat, commissaire de police de l'État du Gujarat. 

Des agents officiels impliqués ?

"Nous voulons savoir comment ces personnes sont entrées en contact avec les passeurs", et "quel était leur plan après avoir atteint le Nicaragua", a-t-il ajouté. Sur les 276 passagers renvoyés en Inde, 66 étaient originaires du Gujarat. "Nous avons identifié des personnes susceptibles de nous fournir des informations sur ce trafic illégal et sommes en train de les interroger", a-t-il indiqué. La plupart des autres passagers sont originaires de l'État du Pendjab, dans le nord de l'Inde, où la police a aussi indiqué à l'AFP mener une enquête. 

Un responsable policier local a précisé sous couvert d'anonymat que les enquêteurs tentaient de déterminer l'ampleur du réseau et l'implication éventuelle d'agents officiels. Le vol était assuré par la compagnie charter roumaine Legend Airlines, et durant l'affaire, les passagers ont été maintenus dans la zone d'attente du petit aéroport de Vatry.

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Parmi les personnes restées en France, deux personnes interrogées par la police pour des soupçons de trafic d'êtres humains ont été libérées une fois établi que les passagers avaient embarqué dans l'avion de leur plein gré, selon une source judiciaire française. Vingt-cinq autres passagers, dont cinq mineurs, ont demandé l'asile en France, où les autorités continuent d'enquêter sur l'affaire pour violation potentielle des lois sur l'immigration, selon des sources judiciaires. Selon le service des douanes et de la protection des frontières (US Customs and Border Protection), près de 100.000 migrants indiens ont tenté d'entrer illégalement aux États-Unis en 2023.

Julien CHABROUT avec AFP

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