La Commission des Affaires étrangères du Parlement tuc a approuvé mardi le Protocole d'adhésion de la Suède à l'Otan.Les députés turcs devraient définitivement valider son entrée sans tarder dans les heures ou les jours qui viennent.La Turquie était jusqu'à présent le dernier membre de l'Alliance atlantique avec la Hongrie à barrer la route de Stockholm.
Après 19 mois de suspense, la Commission des Affaires étrangères du parlement à Ankara a en effet approuvé le Protocole d'adhésion en échange d'un possible engagement américain sur les avions F-16. La Commission des Affaires étrangères a dans la foulée transmis le texte à l'Assemblée plénière pour adoption définitive par l'ensemble des députés. Il s’agit d’une formalité qui devrait suivre dans les heures ou les jours qui viennent mais à un moment - ou une date - qui n'a pas encore été précisé.
Une mansuétude supposée envers des groupes kurdes
La Suède a déposé sa candidature en même temps que la Finlande - admise en avril 2023 - après le début de l'agression russe en Ukraine. "Nous observons un changement dans la politique de la Suède, quelques décisions adoptées par les tribunaux", a remarqué lundi sur la chaîne privée NTV Fuat Oktay, député AKP (le parti au pouvoir) et président de la Commission des affaires étrangères du Parlement turc. "On avait encore quelques demandes pour des avancées supplémentaires" en matière de lutte antiterroriste, a-t-il ajouté sans autre détail.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan objectait depuis le début du processus de la mansuétude supposée de Stockholm envers certains groupes kurdes, qu'il considère comme terroristes. Il semble surtout qu'après un long silence de Washington, un entretien téléphonique mi-décembre avec le président américain Joe Biden ait fini de calmer les réticences de Recep Tayyip Erdogan. Annoncé comme une simple formalité en novembre 2023, y compris par le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, qui parlait de "quelques semaines", l'examen du Protocole d'adhésion a capoté après une seule réunion.
Les avions de chasse F-16 au coeur des échanges
Début décembre, Recep Tayyip Erdogan a alors ajouté comme condition à la ratification d'Ankara celle, "simultanée", par le Congrès américain de la vente d'avions de chasse F-16 à la Turquie. "Tout ceci est lié", prévenait-il. La Turquie a déjà joué cette carte pour tenter d'obtenir un feu vert américain à la vente des F-16, dont elle a besoin pour moderniser sa force aérienne. Le gouvernement américain n'est pas hostile à cette vente mais le Congrès l'a bloquée jusqu'ici pour des raisons politiques, notamment les tensions avec la Grèce - elle aussi membre de l'Otan - dont Ankara s'est récemment rapproché.
"Il semble désormais évident que les deux processus vont avancer en parallèle", a indiqué à l'AFP le directeur du German Marshall Fund à Ankara, Ozgur Unluhisarcikli. Mais, "bien que les questions ne soient pas liées, les déclarations de la Turquie - et de son président - soutenant le Hamas ont encore compliqué le processus de vente des F-16", relève l’expert. Selon lui, "il n'y a pas vraiment de consensus au sein du Parlement truc, ni au congrès américain". "Mais si Joe Biden et Recep Tayyip Erdogan font preuve de la volonté requise, nous pouvons espérer un dénouement proche".
