Sac jaune, compost ou poubelle grise. On a beau faire attention toute l’année au tri de nos déchets, les fêtes de fin d’année viennent souvent tout bousculer. Parce que le bac de recyclable dégueule de papier cadeau, que le plastique vit une vie fantastique et que la poubelle du garage daube la crevette. Et au milieu de ce tas d’ordures, que faire de nos coquilles vides ? Période faste de la consommation d’huîtres, de bulots, de coquilles Saint-Jacques et parfois même de quelques moules, Noël est aussi le théâtre d’un massacre dans les incinérateurs ou centres d’enfouissement. Car faute de solution alternative, l’immense majorité des Français doivent se résoudre à balancer leurs coquilles vides dans leurs ordures ménagères. Un geste pourtant loin d’être anodin. En alourdissant votre poubelle, vous faites grimper la consommation de carburant du camion et donc la facture de l’enlèvement. Quant aux coquilles, elles n’ont pas vraiment d’intérêt calorifique quand elles sont brûlées. Bref, il serait bon de trouver une alternative.
Dans certains coins de Bretagne, des habitants ont l’habitude d’aller balancer eux-mêmes leurs coquilles vides à la mer. Souvent pour éviter que l’odeur de la cuisine n’imite celle d’une criée en plein été. A Cancale, on trouve par exemple des tonnes de coquilles d’huîtres que les touristes adorent balancer depuis la jetée après avoir avalé leur corps gluant avec une rasade de blanc. Mais soyons honnêtes, le plus souvent, les coquilles nacrées terminent leur vie enterrées ou incinérées. Plusieurs territoires littoraux ont pourtant lancé des collectes dédiées, bien souvent au moment des fêtes.
Dans le sud de la Vendée, cela fait sept ans que le Sycodem organise une collecte des coquillages, en mettant à disposition des bacs dans les 40 communes du syndicat. D’abord concentrée pendant les fêtes de fin d’année, elle est désormais en place toute l’année en même temps que la collecte des biodéchets des professionnels de la restauration. « Les usagers nous interpellaient sur ce flux odorant, difficilement valorisable au jardin qui était encombrant dans le sac noir », résume Sophie Métay, directrice du service prévention des déchets basée à Fontenay-le-Comte. Le phénomène s’est accentué lorsque la collectivité a imposé la redevance incitative en 2018. Les gros mangeurs de coquillages se voyaient pénalisés par le poids de leurs déchets et ont rapidement réclamé que le service soit étendu toute l’année. Ce que les élus ont accepté de financer.