L’année 2024 n’a pas encore commencé que le calendrier judiciaire est déjà particulièrement chargé. Affaires emblématiques, attentats, accident ou affaires politico-financières… Petit tour de France des procès les plus attendus dans les douze mois qui viennent.
On mesure souvent l’écho d’une affaire ou d’un fait divers à la manière dont il est nommé dans les médias. L’affaire Théo, par exemple, résonne comme un symbole des violences policières. En février 2017, le jeune homme, alors âgé de 22 ans, est blessé lors d’un simple contrôle d’identité à Aulnay-sous-Bois. Un coup de matraque télescopique au niveau de l’anus a entraîné une plaie de 10 cm et une section du muscle sphinctérien. L’affaire a suscité une telle vague d’indignation que François Hollande, alors président de la République, s’était rendu à son chevet.
Si à l’issue de l’instruction, les poursuites pour viol ont été abandonnées, trois policiers sont renvoyés devant les assises de Seine-Saint-Denis à partir du 9 janvier. Le principal accusé, celui qui a donné le coup de matraque, devra notamment répondre de « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou infirmité permanente ». Il encourt jusqu’à quinze ans de réclusion. Les deux autres comparaîtront pour « violences volontaires aggravées », des faits passibles de sept ans d’emprisonnement.
Le 23 mars 2018, Radouane Lakdim, un jeune délinquant de droit commun fiché en raison de sa radicalisation, commettait les attentats de Trèbes et de Carcassonne. Son équipée mortelle commence à Carcassonne : il vole une voiture, tuant le passager de 61 ans et blessant le conducteur de 26 ans. Il tire ensuite sur un groupe de CRS à proximité de leur caserne – blessant l’un d’eux – puis s’engouffre dans un supermarché de Trèbes. Se présentant comme un soldat du groupe terroriste Etat islamique, il tue un boucher et un client. Le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame échange sa place avec une otage. Il succombera des suites de ses blessures.
Le procès se tiendra du 22 janvier au 23 février 2024 : le terroriste a été abattu mais sept personnes – six hommes et une femme – de son entourage sont jugées mais aucun pour « complicité ». Cinq d’entre eux, soupçonnés d’avoir apporté leur aide à Radouane Lakdim en connaissant sa radicalisation, ont été renvoyés pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Deux hommes seront jugés pour des délits connexes.
Cette même année 2018 a été marquée par un autre attentat : celui du marché de Noël de Strasbourg, qui a fait cinq morts. Le procès s’ouvrira le 29 février, sitôt celui de Trèbes achevé. Le terroriste, Chérif Chekatt, délinquant multirécidiviste de 29 ans fiché S, a été tué 48 heur...
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