10. Neil Gaiman et FourPlay String Quartet – Signes de vie
Le quatuor à cordes FourPlay, basé à Sydney, s'est fait un nom en jouant des versions musicales de divers artistes de rock et de jazz, dont Radiohead et Metallica, mais ils ont également travaillé avec l'écrivain fantastique.Neil Gaimandepuis plus d'une décennie. Ici, ils fournissent une série d’accompagnements merveilleusement interrogateurs et sinueux tandis que Gaiman récite une prose et une poésie profondément humanistes sur la vérité, les mensonges, la mort, Jeanne d’Arc et le « génocide occasionnel » des Australiens autochtones. Ses vers peuvent être des mini-films d'horreur horribles, comme The Wreckers, ou d'une manière amusante et fantaisiste et à la Ivor Cutler, comme Möbius Strip.
9. Joel Styzens – Résonance
Le multi-instrumentiste et compositeur de Chicago Styzens joue du dulcimer martelé et de la guitare classique dans cette tenue peu orthodoxe qui comprend également le pianiste de jazz de l'Illinois Rob Clearfield, la violoncelliste britannique Sophie Webber et l'Atlys String Quartet. Vous décririez globalement la musique qu’ils font comme du minimalisme, mais là où tant de minimalisme peut être insistant, irritant et aggravant, il s’agit d’une forme qui ne joue pas à des jeux mathématiques ni ne crée de motifs fractals – c’est une musique luxuriante et réconfortante qui aspire et apaise.

8. Thomas Adès/Philharmonique de Los Angeles – Dante
Pour accompagner la production de ballet de Wayne McGregor de La Divine Comédie de Dante, le compositeur britannique Thomas Adès a conçu cette pièce incroyablement ambitieuse en trois mouvements. Le premier, Inferno, est un poème au ton grandiloquent qui oscille entre le modernisme du film d’horreur et un clin d’œil à Liszt et Berlioz. La deuxième section, plus douce, Purgatoria, oppose les tropes musicaux du Moyen-Orient aux enregistrements déformés de chanteurs de la Grande Synagogue Adès de Jérusalem (un lieu lointainement lié aux ancêtres juifs syriens d’Adès). Le final, Paradisol, est un morceau extatique, en spirale et flou de sérialisme à 12 tons. Ce sont des pastiches, certes, mais brillamment réalisés.
7. Anna Meredith et Quatuor Ligeti – Nuc
Tuggemo, le morceau d'ouverture de cette collaboration entre le compositeur écossais et le quatuor à cordes basé à Londres, est un clin d'œil conscient à la culture rave, quelque chose qui fait souvent surface dans la musique de Meredith. Mais les morceaux les plus intéressants ici poussent la section de cordes dans ses retranchements : la microtonalité de Honeyed Words, l'irradiation chatoyante de Chorale, ou encore le minimalisme merveilleusement dément de Shill. Les Ligeti reprennent également la composition de Meredith de 2013 A Short Tribute to Teenage Fanclub, qui ne semble pas du tout citer les janglers de Glasgow mais qui présente une série d'échelles descendantes qui deviennent de plus en plus, et joyeusement, chaotiques à mesure que la pièce progresse.

6. Galya Bisengalieva – Polygone
Bisengalieva, basée à Londres, est surtout connue comme violoniste principale du London Contemporary Orchestra de Robert Ames et pour son travail avec Jonny Greenwood et Thom Yorke de Radiohead. Ici, sur son deuxième album en tant que compositrice et leader, elle se tourne vers la sombre histoire d'une installation dans son Kazakhstan natal, où l'armée soviétique a testé des centaines d'armes nucléaires, empoisonnant la population et détruisant l'écologie. Comme la bande originale de Tchernobyl de Hildur Guðnadóttir, elle recrée des chambres d’écho et le son des compteurs Geiger, mais Bisengalieva enveloppe ces morceaux avec des arrangements de cordes à la fois luxuriants et terrifiants.
5. Naoko Sakata – Infini
Né au Japon et basé à Göteborg, en Suède, le pianiste Sakata joue avec une férocité et une énergie saisissantes. Cet album d'improvisations, apparemment guidé par le tarot et la numérologie, mélange des dizaines de styles différents. Elle passe de grondements bas de gamme qui font trembler les intestins à des fioritures haut de gamme scintillantes ; des ruminations de cantiques, lourdes de rubato, à la Keith Jarrett, aux bavardages à la Conlan Nancarrow ; des paniques de Cecil Taylor aux moments de précision totale. Il est sorti sur Pomperipossa, un label dirigé par l’organiste Anna von Hausswolff, et Sakata partage le sens du gothique de Von Hausswolff, mais il s’agit d’une musique vraiment idiosyncrasique.
4. Lisel – Modèles pour les voix et le délai réglés automatiquement
La chanteuse américaine Eliza Bagg, alias Lisel, a construit une pièce de musique de chambre pour la voix humaine, multipiste et alimentée par une myriade d'unités d'effets. C'est envoûtant et magnifique, du babillage dada-esque de One at a Time au minimalisme du chant grégorien-goes-Dilla de Plainsong ; du chant inquiétant de Wicker Man d'Immature au cri à pleine gorge de Stalactite, où sa voix commence à scintiller et à scintiller. La musique de Lisel soulève également des questions fondamentales : une fois qu’une voix a été traitée numériquement, est-elle toujours humaine ou un simulacre bizarre de cyborg ?Lire la critique complète

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