C’est la première chose à faire avant de faire péter une bonne bouteille de champagne. Arracher le petit papier brillant qui recouvre le bouchon et le muselet, ce fil de fer entortillé. Pour continuer dans le jargon, sachez que cette première couche s’appelle une coiffe, et son avenir est au coeur de vifs débats ces derniers temps. Depuis quelques mois en effet, « les producteurs de vins mousseux (…) peuvent décider de ne pas revêtir l’attache d’une feuille », stipule un nouveau règlement européen.
Autrement dit, les vins effervescents, champagne y compris, peuvent désormais se passer de coiffe, inventée à l’origine pour dissimuler d’éventuels dépôts ou différences de niveaux visibles à travers le goulot. Et ce « pour des raisons opérationnelles, telles que la réduction des coûts, la prévention des déchets ou l’amélioration de la commercialisation », indique le texte réglementaire.
Pour autant, ce n’est pas demain la veille que votre Réveillon se déroulera en compagnie de bouteilles en partie dénudées. Car après plusieurs semaines de réflexion, le comité interprofessionnel du vin de Champagne a annoncé il y a quelques jours que ce surbouchage resterait obligatoire pour toute bouteille qui voudrait se faire appeler ainsi.
« La coiffe contribue au prestige et à la valeur du Champagne », indique le directeur général Charles Goemaere, qui ne manque pas d’arguments pour plaider à son maintien. « Code visuel identitaire indissociable des vins de Champagne », la coiffe garantirait « au consommateur l’authenticité » du produit, détaille encore Charles Goemaere. Des études auraient en effet montré qu’en scellant la bouteille, elle le « rassure sur l’origine du vin ainsi que sur l’hygiène et la sécurité ».
Des considérations principalement commerciales qui se heurtent aux exigences environnementales actuelles. Car s’il semble anodin, ce petit emballage le plus souvent composé d’aluminium et de plastique représenterait une importante filière de déchets non-recyclables quand on sait que plus de 325 millions de bouteilles ont été expédiées l’an passé. Près de Reims, c’est pour cela que l’on a voulu depuis deux ans remplacer cet alliage par du papier, d’abord sur une cuvée spéciale.
« On a dû essuyer les platres au début, avec un coût de la coiffe trop important et un papier un peu trop épais pour les machines, rapporte Emeline Cordy, responsable marketing de la maison Pierre Trichet. Mais ça fait tout à fait l’affaire, avec un résultat plutôt joli et harmonieux et d’excellents retours de la part ...
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