De nombreux professionnels de santé appellent ce samedi le chef de l'État à ne pas promulguer la loi sur l'immigration.Ils déplorent un texte "mortifère pour la santé publique".Les soignants redoutent notamment "une dégradation intolérable de la mortalité infantile" dans le pays.
La loi immigration, ils n'en veulent pas. Plus de 5000 professionnels de santé et une cinquantaine d'organisations de soignants alertent ce samedi sur les "conséquences sanitaires et sociales dramatiques", selon eux, de la loi sur l'immigration adoptée en début de semaine par le Parlement. Ils appellent l'Élysée à "retirer cette loi mortifère pour la santé publique".
"Nous, femmes et hommes des professions de santé, du social, du soin et de la recherche, souhaitons placer le président de la République et son gouvernement devant leur immense responsabilité", écrivent-ils dans une tribune transmise à l'AFP. Ils demandent "solennellement" à Emmanuel Macron de "ne pas promulguer" le texte, actuellement entre les mains du Conseil constitutionnel.
Un risque de propagation des "maladies infectieuses"
Pour eux, la loi sur l'immigration "remet gravement en cause notre modèle de santé humaniste". Elle aura des conséquences notamment sur la santé "des plus vulnérables, les enfants", assurent-ils, redoutant "une dégradation intolérable de la mortalité infantile, qui s'est déjà accrue depuis dix ans en France" du fait "des inégalités sociales notamment". Ce texte "est contraire à la Convention internationale des droits de l'enfant", écrivent-ils encore, citant la "limitation du regroupement familial", la "complication des démarches administratives nécessaires pour les mineurs isolés" ou la "limitation des hébergements d'urgence".
Ils déplorent aussi les nouvelles conditions introduites pour bénéficier d'aides sociales. "Les restrictions sur le logement pour les immigrants en situation irrégulière menacent de les marginaliser davantage, les forçant à vivre dans des conditions précaires et insalubres", avec des "effets dévastateurs sur leur santé physique et mentale", poursuivent-ils, rappelant que l'absence de logement expose aussi "à la rue et à des situations de vulnérabilités sexuelles". "La suspension de la prise en charge médicale pour les demandeurs d'asile déboutés et les restrictions du titre de séjour pour maladie grave", risquent, elles, "d'augmenter les urgences médicales" et de contribuer à propager des "maladies infectieuses."
Parmi les signataires figurent la secrétaire générale de l'Union syndicale des médecins de centre de santé Julie Chastang, le coprésident du collectif Inter Urgences Pierre Schwob-Tellier, la représentante de la société française de pédiatrie Christèle Gras-Le Guen ou encore le psychiatre et secrétaire national du PS Antoine Pélissolo, ainsi que des organisations professionnelles et des associations.
Ils ne sont pas les premiers à marquer leur opposition à cette loi. Ces derniers jours, l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa) a condamné un texte "discriminatoire", tandis que le président de la Conférence des évêques de France (CEF) a appelé à "ne pas traiter les migrants comme des délinquants".
